Actualités du club spéléo de Carqueiranne
Elle vous suivra partout dans vos activités de pleine nature !
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Dimanche 1er mars, je propose une sortie canyon dans les gorges du Destel. Je m’étais dit qu’avec les pluies des derniers temps, il y aurait un peu d’eau. Je lis les descriptifs sur Descente-Canyon et je vois : « sec, sec, sec, toute l’année… sauf une fois ». Espérons qu’il y ait un peu d’eau.
Pour l’occasion, j’ai sorti mon plus beau shorty pour ne pas avoir trop chaud dans l’eau. Christophe me rejoint et, sur le ton de l’exclamation, me dit : « Tu vas où comme ça ? Il n’y a pas d’eau, moi j’y vais en tenue de randonnée… » Je lui rétorque qu’avec les pluies des derniers jours, il y aurait sûrement de l’eau. On se met le doute mutuellement ; on verra qui a raison.
Puis, j’avais fait une petite erreur dans le choix du canyon. Je n’avais pas tout lu ; dans mon cerveau, je m’étais limité à : canyon, vasques, Destel… et basta. Sauf qu’il y a celui de Saint-Martin juste à côté qui est bien plus sympa. Aucun problème, nous choisissons un sens pour faire les deux : en premier Saint-Martin et ensuite, si on a le temps, on fera le Destel.
On arrive dans le canyon et pas une goutte d’eau. Il faut y être le jour de crue et basta. J’étais comme un con en shorty avec mes chaussures de canyon, prêt à en découdre. Le but de cette sortie était de travailler l’équipement et les mains courantes ; il est bien broché. Nous avons pris notre temps, nous avons travaillé tous les petits exercices. Il y a quand même de belles verticales, la plus grande fait 30 m avec un relais au milieu. C’est un endroit très beau, une autre facette de la région à découvrir. Il est noté à 1,4 sur 5, mais il est très agréable ; le soleil nous a suivis tout l’après-midi. C’est un canyon à faire en hiver.
Sur la dernière verticale, nous rejoignons le CAF Toulon qui était en initiation. Bon, on arrive en bas, on avait encore du temps, on décide d’aller faire le canyon du Destel. Là aussi, j’avais lu en diagonale : remonter le canyon et le redescendre. Sauf qu’il y avait un chemin qui bordait le canyon pour remonter normalement.
Christophe était heureux, il adore quand on fait les choses comme c’est écrit dans le manuel. Qui remonte un canyon ? Quand j’avais lu en diagonale, j’avais lu que chaque vasque pouvait être remontée. Il y a des choses que je prends au mot et d’autres non. Donc c’est parti pour un canyon inversé, au plus grand bonheur de Christophe. Ça se mérite, un canyon inversé, mais il était bien équipé : des petites voies d’escalade, on pose des mains courantes, on s’auto-assure mutuellement comme en escalade, parce qu'on a fait de l'escalade. Dans certaines vasques, il y avait un peu d’eau croupie ; personne n’avait envie de sauter dedans. Il y a de vieilles mains courantes toujours en place ; c’est solide, une corde. À côté, dans le petit Saint-Cassien, elles sont neuves, mais ça fait le taf.
On sort des vasques, on regarde sur la carte : pas d’échappatoire, il faut remonter la rivière jusqu’au Broussan qui est à 1 km. Ça nous aurait fait encore une heure de marche. Et là, je rentre dans mon domaine préféré en randonnée : les « raccourcis ». Je vois un semblant de chemin qui ressemblait à un chemin, mais je savais que c’était un sentier de sanglier. Tant bien que mal, nous nous faufilons dans la pente raide et nous sortîmes 20 min plus tard sur la route. Très beau raccourci.
Nous finirons la journée autour de la traditionnelle bière au cul de la voiture. Une superbe après-midi, où l'on a fait un grand panel d’un peu tout : du canyon, de la technique de corde, de la grimpe et un peu d’orientation.
Paul alias Jean-Michel Apeuprè !!!
Après une succession de loupés dans les dates de rdv divers, liées à mon esprit ailleurs ces derniers temps, je me retrouve avec un jour de congé, posé, pour rien.
Pour rien, jusqu’à ce que mon baudrier, neuf, me rappelle à son bon souvenir.
Je me rapproche alors de Paul en lui demandant tout innocemment :
Une sortie spéléo en verticale. Je vais regarder, un truc simple et sympa »
Aucune question, une proposition, et l’Aven des Jaumes est choisi.
Je vérifie mon matériel rutilant, brillant d’inutilisation, qui, je pense, est dans le même état de hâte que moi !
C’était sans compter mon esprit vagabond, j’ai omis de prendre mon harnais ainsi que mes chaussures (oublié dans la voiture… )…. Paul m’a prêté le sien et j’ai utilisé mes chaussures de randonnées qui au final sont parfaite pour la spéléo… tous ces oublis me font me dire que je traîne peut-être trop avec Mr Tainton !! (il faut toujours trouver un coupable à sa mauvaise foi)
Arrivés devant l’entrée Paul me propose de faire un petit récap, il met une corde autour d’un arbre nous simulons une descente ainsi qu’un fractio.
J’ai fait un petit nombre de grotte mais ce petit exercice m’a conforté dans ce que je savais déjà et a renforcé ma confiance.
Il y a des moments où pour une raison x et y nous nous perdons dans le doute, le questionnement la perte de confiance en soi et dans les autres. Ou nous peinons à trouver notre place convaincue malgré tout de notre valeur mais invisibles à des yeux tiers.
Comme dirai à juste titre Paul, les autres on s’en fout.
Sartre disait : « l’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous ».
Conclusion je sais ce que je fais de moi et ce que je fais de ce qu’on a fait de moi, rien, puisque je resterai fidèle à ma voie. Et que chacun trace sa route.
Nous descendons, les odeurs de la terre mouillée m’enveloppent à nouveau, l’humidité, l’obscurité et ce silence bienveillant qui fait de chaque exploration un moment particulier.
Le premier fractio est passé sans embuche, je traine un peu pour descendre m’accordant un moment à admirer la roche dessinée par l’eau les concrétions, les méduses en cathédrales, les fistuleuses et leur petit diamant (goutte d’eau mais j’aime beaucoup les diamants…) et je sens qu’un sourire me colle la grappe depuis le départ !
Nous nous mettons des petits points de repère, les mousquetons du petit poucet, et continuons notre avancée, je vois des gours et comme une petite chapelle, de l’eau tombe par endroit mais sans excès. Nous éteignons un moment nos lampe et plénitude complète.
Nous amorçons le retour je monte aisément, mon équipement est vraiment idéal, arrive le fractio où j’entrelace les cordes, je m’en rends compte avant de remonter rectifie le tir et fichtre je ne parviens pas à remonter …. La longe … j’ai oublié d’enlever la longe …
Et voilà la sortie. Les arbres sont encore bien trempés et fragilisés, lorsque Paul me dit regarde tu as une épée naturelle, en effet un morceau de bois c’était coincé dans mon pantin je lui réponds alors que je descends des templiers et que probablement nous sommes passés à côté du Graal, il faut redescendre… Une prochaine fois ! Va pour la prochaine foi « non recedimus ! »
Je suis contente d’avoir repris après tant d’absence sous terre.
Je suis contente d’avoir repris avec Paul et je le remercie pour cet accompagnement sous terre : sa bienveillance, sa maitrise du matériel, son empathie, sa confiance qui ont rendu cette exploration salvatrice.
En retournant vers la voiture nous avons eu le temps de refaire le monde et ça aussi ça n’a pas de prix.
Merci
Marie
Il y a quelque temps, le couple trépidant Estelle et Arnaud propose une sortie à la grotte de Saint-Marcel, et plus particulièrement le réseau IV. La grotte fut découverte en 1836 par un chasseur. Les expéditions se sont poursuivies jusqu’à découvrir plus de 60 km de galeries, ce qui en fait l'un des développements souterrains les plus grands de France. Le réseau IV est réglementé, il faut faire une demande mais c’est très facile et ça fait partie de la cohabitation en bonne intelligence entre les spéléos et l’exploitation touristique d’une partie de la grotte.
« Paul, tu nous connais, tu peux regarder s’il n’y a pas un trou ou deux à faire avant, car nous avons réservé le réseau IV pour dimanche, et avant il y a samedi et un peu vendredi aussi ».
Je ponce les récits des cavités alentour, je demande un peu à tout le monde, et ça ne manque pas de grottes féeriques dans la région. Le choix est cornélien car nous ne pourrons pas toutes les faire en un weekend. J’adore les discussions avec des personnes « un jour, une idée de cavité » ou « un jour, une passion ».
« Départ vendredi à midi, on monte dans l’Ardèche, on se fait une cavité rapido quand on arrive… ou un canyon… Bon, on voit, on en discute »… avant d’aller récupérer notre gîte.
C’est bien beau, mais on mange quoi ? Parce que c’est aussi important que la sortie en elle-même. Je peux vous dire que vu l’équipe, si on a le choix, on n’est pas du genre à manger des noodles au cul d’un van. Ça parle de daube, apéro, camembert rôti, raclette… c’est le standard minimum.
Ce sont 15 jours d’imprécisions et de revirements, que ce soit au niveau culinaire ou du choix des activités. Une fois que les activités étaient définies, il a fallu savoir dans quel ordre nous allions les faire.
Finalement, deux jours avant, nous nous sommes décidés : le vendredi en arrivant, ce sera la cavité d’Armédia pour se chauffer. Le lendemain, l’atypique canyon de Pissevieille, et dimanche le réseau IV de Saint-Marcel.
L’équipe est montée. Vendredi nous ferons Armédia, une cavité hors norme avec une multitude d’excentriques, à profusion, avec la célèbre excentrique en forme de 5 ou de S, ou comme vous voulez, vous l’interprétez selon votre imagination. Overdose d’excentriques, incroyable. Les excentriques sont de minuscules sculptures de calcite (calcaire) dont la croissance anarchique défie la gravité sur des milliers d'années, car leur forme est dictée par la capillarité et de légers courants d'air plutôt que par la chute des gouttes d'eau.
C’est une cavité assez accessible. Arnaud équipe à l’aller, Estelle nous fait la visite, enfin si elle se souvient lol (« j’y suis allée mais je ne me souviens plus trop, je crois que c’est par là »…)… je déséquipe au retour, et il y avait du gaz au fond (Co2). Arnaud arrange l’équipement à la montée pour que ce soit plus facile pour moi lol, les cols-de-cygne seront bien tendus. Bon exercice, en plus gazé, je faisais le malin au début mais j’étais bien essoufflé. Un peu moins de deux heures pour profiter de la grotte en AR.
Christophe nous attend au gîte, raclette en préparation, ça va être du sérieux. Christophe, ça fait quelque temps qu’il ne peut pas aller sous terre à cause de son genou mais nous avons assisté à un miracle quand nous lui avons annoncé qu’on allait faire l’atypique canyon de Pissevieille. Jésus n’en revient pas ; « lève-toi et marche », il s’est levé et a marché, bancalement mais a marché. En tout cas on était très heureux de retrouver Christophe, parce que sous terre il n’est pas là pour niaiser. Sa blessure c’est reculer momentanément pour sauter plus loin, et ça va faire mal quand il va revenir dans le game.
La soirée se passe bien, Estelle (la femme la plus dangereuse que je connaisse) a plein d'idées : « et si demain matin avant d’aller en canyon, on allait faire une cavité, un petit truc, on enchaîne, on rejoint les Niçois à midi…. qu’est-ce que vous en pensez ?!! »…. On s’est regardés avec Arnaud et Christophe. Dans le regard de Christophe j’ai lu « moi j’ai annoncé que je venais faire que le canyon, démerdez-vous ». Dans le regard d’Arnaud j’ai lu « moi je suis le conjoint, Paul tu te démerdes, c’est toi qui réponds ». Alors j’ai répondu sur la pointe des pieds : « ça ne fait pas trop d’enchaîner ? Le but c’est de nous reposer aussi et de profiter de chaque activité, on risque de les consommer, je pense que le mieux est de rester sur notre idée de départ »….
Tout le monde retient son souffle, Estelle répond : « oui on fait ça, on reste sur notre idée de départ ». Soulagement général, même pour Christophe : la dernière fois qu’il a dit qu’il ne faisait pas une activité à cause de sa blessure, il s’est retrouvé en néoprène à aller chercher les oursins par cohésion. Nous reprenons la soirée tranquillement… mais sur nos gardes, nous ne sommes pas à l’abri d’une rechute.
Le lendemain nous partîmes pour le canyon de Pissevieille. À l’époque quand ils donnaient des noms aux endroits, il n’y avait pas de spécialiste en dystopie, ils ne se disaient pas que dans 300 ans il y aurait une ribambelle de branleurs qui viendraient faire du tourisme dans la région.
Sinon à part l’explication de comptoir, pisse vient du latin pissiare, qui signifie « jaillir », et vieille en géologie désigne une source qui s’essouffle et qui fonctionne par intermittence. La cascade de Pissevieille ne s’exprime que très peu de fois dans l’année lors de grosses pluies. Beaucoup de canyonistes l’ont en tête, car les cascades de 80 m et plus, il y en a quelques-unes mais ce n’est pas la norme en France.
Les Niçois Pascal et Nathalie nous rejoignent, ça fait 3 moniteurs canyon, un instructeur et deux tchoukitos pour la sortie, ça risque de dépoter. Tout le monde se met en route. Moi j’ai toujours le sac le plus léger, la corde de 100 m de secours, ça aide pour nager. Estelle à la topo ; Non je déconne, Arnaud prend la main. C’est parti pour 45 min de crapahutage, la cascade est incroyable et nous arrivons dans une petite rivière avec un filet d’eau et deux galets qui se battent en duel. Je me dis que tout va se jouer sur la cascade mais j’aurai tort.
On ne perd vraiment pas de temps, on s’équipe. Avec Christophe on se regarde entre tchoukitos, on sait ce qu’on a à faire : vite et bien. Mais on voit que les Niçois prennent leur temps, ça nous rassure un peu, ça ne va pas partir pleine balle. Pascal, trois roulées plus tard à la montée, légèrement groggy de sa nuit de garde, dès qu'il a touché l’eau, il s’est transformé. Nathalie en bonne métronome, ne se laisse pas distraire, tu sens que c’est du sérieux.
C’est parti à marcher dans le canyon, au bout de 50 m c’est du sérieux, c’est très beau, il y a de l’eau, le débit est moyen, on s’enfonce dans le calcaire creusé par l’eau, c’est magnifique. Tout le monde équipe à tour de rôle, c’est très sympa, ludique, l’eau est bonne, je n’ai pas eu froid avec ma combinaison classique, j’étais bien. Nous arrivons sur le promontoire de la cascade, ça forme une terrasse avec une grande fenêtre, c’est très beau, très haut.
Nathalie est désignée pour poser la main courante, on a vu dans son regard : « pourquoi moi, en plus avec vos explications à peu près… bref, je me démerde (c’est l’idée 😉) ». Pascal au fractio, je descends en premier… et là, sacrilège, avec la corde de spéléo qu’on devait garder en spare (pour Franck, le Mr matos du club, on va colorier la corde en orange avec l’IA sur les vidéos 😉 ; c’est sérieux au club, les cordes oranges pour le canyon et les blanches pour la spéléo ; Franck nous ne le referons plus, mais on ne l’a pas fait exprès).
C’est du sérieux suspendu à 80 m, ça fait haut, petit picotement, mentalisation de ce qu’on doit faire avant d’y aller, mais une fois le premier mousqueton posé sur la main courante ça dissipe tout. Pourtant en spéléo ça arrive de descendre dans des puits bien plus profonds, faire des fractios en plein vide mais le fait de ne pas avoir le visuel de l’ensemble c’est plus facile. Mais là on en prend plein les mirettes, on passe sous la cascade, c’est fou, et la vue d’en bas est tout aussi incroyable. La cascade génère un vent, je le nommerai le vent cascabatique.
Merci Arnaud pour le partage, car c’est un très beau canyon, il est vraiment sous-noté sur Internet.
Après avoir impressionné tout le monde en faisant une démonstration de lovage de cordes, j'ai procédé en deux temps : je fais un premier lovage de merde et, ensuite, une personne refait l’ensemble du lovage. Je sais, on perd un peu de temps, mais ça réchauffe deux personnes. Nous sommes ressortis par une marche de 30min.
Comme il est assez court nous irons faire un peu de tourisme l’après-midi, mais surtout racheter des verres à vin (à pied), parce qu’on en a déjà cassé deux et on n'allait pas boire du vin dans des gobelets en plastique. En plus le soir, c’était au tour de la daube de bœuf, 48 h de cuisson, les petits plats dans les grands. Nous prendrons le temps de faire un battle Kangoo contre Skoda, la Kangoo a gagné mais bon ça nous a coûté 50 euros.
Soirée sympathique autour d’une daube incroyable, nous irons nous coucher moins cons en apprenant que les bidons étanches étaient faits en plastique alimentaire. Nous préparons le matos pour le lendemain parce que ça devrait être long, il est annoncé entre 9 h et 12 h sous terre, l’immensité de la grotte et des galeries fait que ça peut être pommatoire. Le départ est prévu à 8 h pour entrer à 9 h sous terre. Christophe nous fait le relais secours, on devrait sortir vers 18 h, à 21 h si pas de nouvelles tu envoies la cavalerie.
Nous entrons sous terre à 8 h 30 sous un beau soleil d’hiver par l’entrée touristique, c’est original, il y a un escalier, nous prenons la rampe, y'a pas à dire, en Ardèche ils savent aménager les cavités 😉.
Estelle prend la topo en main, non je déconne. C’est parti à un bon rythme, très bon même. Les horaires sous terre c’est très important, il y a toujours un point de non-retour. Il faut gérer son état de fatigue, sa lumière, son alimentation… tout un tas de paramètres qui font que l’on doit calculer lors des grosses sorties pour aller au fond, et avoir le temps de revenir en sécurité. Nous avons 8 km à faire en AR, 8 km sous terre ça prend du temps. On m’avait dit : tu vas voir c’est des grands boulevards, pas d’étroitures, c’est facile mais un peu long. Il faut toujours se dire que la spéléo ce n’est jamais cadeau, et ce n’était pas facile.
Vu l’équipe, je ne m’inquiétais pas trop pour les horaires, visiblement devant ça avait du sens, donc on a bombardé car sur la topo il y avait marqué : « ne pas s’attarder sur le début pour ne pas louper le fond de la grotte qui est encore plus belle ». On l’a prise au mot cette phrase, les mots ont leur importance dans l’équipe.
On alternait les franchissements, ça faisait une demi-heure qu’on marchait, on a une petite discussion sur le rythme, ça faisait un moment que Pascal et Nathalie n'avaient pas fait de spéléo, j’ai vu dans leur regard : « j’ai dit que j’avais fait de la spéléo mais c’était il y a longtemps quand même, 9 h à ce rythme ça va être chaud ». Quand tu dis que ça fait un moment que tu n’as pas fait quelque chose, traduction : ça serait bien qu’on y aille tranquille…
Ça glisse, les ressauts sont un peu cassants, on ne sait jamais comment les monter, des mauvais plans inclinés, on laissera le pantin sur le baudrier, trop long à mettre, putain les horaires, et puis ce n’est pas vraiment efficace. Ce n’est pas équipé de partout, il nous faudra quand même trois cordes de 10-15 m pour équiper à certains endroits. Nous arrivons au fond du réseau IV sans trop de difficulté… en 2 h 40. Je pense qu’on est bien sur les horaires. On est allé vite mais on s’arrêtait sur les points clés pour admirer les magnifiques concrétions, prendre des photos.
Sachant que le retour est plus facile. Estelle nous dit en boucle : « au retour on prend notre temps… d’ailleurs on va s’asseoir et manger… ». Nous nous sommes assis et nous avons mangé. Là aussi nous n’avons pas lésiné, fromage et charcuterie, on n'est pas du genre à sucer des barres énergétiques.
Quand des gens qui ne tiennent pas en place discutent : syndrome de l’injonction paradoxale.
« Paul prends ton temps, on n’est pas pressés… » me dit Estelle. Je ne dis rien, mais l’image que j’ai c’est comme si un alcoolique, le verre à la main me disait : « l’alcool ce n’est pas bon pour la santé… », comme si en nous disant ça, ça nous rassurait. On fera avec.
Puis ce fut le retour : « on va prendre le temps de profiter, c’est merveilleux… »
Le retour est plus facile, les ressauts sont plus chiants à l’aller. Nous ferons un détour par la Grande Barrière, qui est incroyable au niveau des concrétions et des volumes.
« On ne va pas trop vite, prenez le temps de profiter, c’est magnifique »
En tout, avec les pauses, nous mettrons 6 h pour faire l’aller-retour. C’est une très belle cavité, il y a des concrétions calcaires incroyables. Elle n’est pas d’une grande difficulté mais ce n’est pas cadeau.
À la suite de quoi nous retournerons dans nos pénates et n’oubliez pas : « n’allez pas trop vite, prenez le temps de profiter… » 😉
PS : au retour j’ai mis mon pantin… comme on avait le temps de profiter 😉
Paul
Samedi 24 janvier, les pluies s’abattent depuis un moment sur les contrées du sud de la France.
Profitant d’un créneau d’accalmie le samedi matin, nous décidons d’aller au gouffre du Petit Saint-Cassien car, par temps de pluie, il est très esthétique grâce à ses gours et ses rivières qui se gonflent. Par sécurité, nous convenons que nous n’irons pas jusqu’au fond. L'invitation est lancée au club ; l’équipe sera finalement formée d’Arnaud, Estelle, Noha et moi-même.
Direction le Plan d’Aups. Sous une légère pluie orographique au niveau de la Sainte-Baume, nous croisons Maxime qui partait s’entraîner aux techniques légères dans l’aven du Renard. Nous faisons un point météo et décidons de sortir pour 15 h maximum, avant une nouvelle dégradation.
La cavité bénéficie d’un équipement permanent, ce qui est un vrai confort. On entend de tout sur cet équipement, mais les amarrages et les cordes sont propres ; certes vieux, mais solides. Nous avions pris de quoi équiper en double, mais nous ne nous en sommes pas servis. C’est comme lorsque l'on jette quelque chose sans réfléchir parce que la date de péremption est passée, alors que le produit est encore bon. Il est certain qu’à moyen terme, il faudra changer quelques cordes et améliorer certains amarrages.
L’entrée est belle et esthétique : une succession de puits sans difficulté. La salle de Pluie est magnifique visuellement et acoustiquement, avec l’eau qui ruisselle de toute part. Nous arrivons rapidement au réseau Marzal. C’est magnifique : l’eau surgit de partout, le réseau est très actif avec les pluies des derniers jours. Nous irons jusqu’à l’entrée du petit méandre et, par sécurité, nous en resterons là, car il peut siphonner en cas de grosses pluies ; « la prudence est mère de sûreté ». Nous poursuivons la balade en entrant dans le réseau des cascades. La cascade est très belle et les gours superbes. Nous n’irons pas très loin car la zone est inondée ; nous reviendrons au printemps pour aller jusqu’au siphon.
La remontée se fait sans difficulté, Noha y perdra une couille 😉 avec son harnais. À notre sortie, la pluie devient plus vivifiante, nous nous dépêchons. Nous décidons d’aller nous abriter à la bergerie de la Cayre pour pique-niquer et nous changer au sec, mais malheureusement, nous ne parviendrons pas à obtenir le code d’entrée.
Une bien belle sortie sans prétention pour agrémenter une journée de pluie.
Paul
« T’es qui toi ? »
J’ai tellement de chance de pouvoir me mouvoir comme j’en ai envie. Alors oui, lorsqu’on n’a connu que ça, le handicap, c’est la normalité et on s’en accommode. Cette maxime rassure tout le monde et puis, que pouvons-nous faire ? Mais putain, c’est une putain de galère, pour eux et pour leur famille. Quand je vois leur regard, qui n'est parfois que le seul moyen de communication, j’y vois de l’impuissance, une rage, cette envie de communiquer, d’exprimer quelque chose… mais leur cerveau en a décidé autrement.
Ce regard qui te dit : « J’essaie mais je n’y arrive pas, ne me juge pas. » Dans ce cas, je peux dire que je n’ai pas eu de chance. C’est ça, ne pas avoir de chance : parce que je vais en baver plus que les autres toute une vie. Je devrais avoir une place au milieu de la cité, être intégré. Mais non, je suis caché, mis à part. Ma différence fait qu’on a peur de moi ; ce côté imparfait est à l’opposé des mirages sociétaux.
Déjà qu’on a peur de nous, on pense en plus que nous sommes fragiles. On ne veut pas me sortir parce que les gens pensent que je suis fragile, et puis nous vivons dans une société où l'on nous parle en permanence de responsabilité. D’un côté, on nous vend l’émancipation à outrance : il faut construire, il faut ceci, il faut cela ; mais quand il faut prendre une responsabilité, il n’y a plus personne.
Éric, Antoine, Jean-Claude, Jean-François, Nicolas, Benjamin et Rudy ont un « petit truc en plus » et sont motivés comme jamais. Aujourd’hui, nous allons les emmener faire de la spéléologie.
Éric, fier comme un coq, ne s’est toujours pas remis de son vol en parapente. Il bat des bras à chaque fois qu’il entend le mot parapente : « J’ai volé comme un oiseau ». Bien qu’il soit très motivé, il n'est pas téméraire pour un sou et aime bien faire passer ses camarades devant : « On ne sait jamais ».
Antoine, c’est un ancien, la cinquantaine passée. Pas de parole, mais dans son regard se mêlait la peur de l’inconnu, et à certains moments, il aurait aimé me dire avec son regard noir : « Paul, ça va cinq minutes, c’est bientôt fini, j’en ai marre. »
Jean-Claude, la cinquantaine passée aussi, c’est l’enfant du pays : « Je suis d’ici ». Je suis très content que nous puissions l’emmener dans une grotte, chez lui. La force tranquille et la sagesse des gens de son âge, le regard tendre, il était émerveillé.
Jean-François, le doyen de la sortie, était comme un coq en pâte. Un peu lent dans ses déplacements mais malin comme un singe, je le soupçonne d’avoir ralenti pour que Marie et Sophie lui donnent la main. Il a vécu sa meilleure vie avec son assistance cinq étoiles. Quand Honoré a pris le relais, le rythme s’est accéléré… mouais, mouais.
Nicolas, c’était notre Diable de Tasmanie : « Non c’est bon, je vais y arriver tout seul », « J’ai soif… Monsieur, tu as un Kinder ? ». Il répond oui à tout. Au retour, il avait faim : plus de problème pour descendre les marches. Comme quoi, la faim, ça aide.
Benjamin, c’était notre bébé ours : même carrure, mais avec le caractère de Winnie l'ourson. Il supporte deux équipes, l’OM et le RCT, et il en est fier. Aucun problème sous terre. De temps en temps, il faut lui donner la main. À l’image du supporter de l’OM, on ne peut avoir que de l’empathie envers ces gens-là (les supporters de l’OM, c’est valable aussi pour Bastia !).
Rudy était le plus jeune, 25 ans, sapé comme jamais. C’était notre petite « chochotte », ça râlait gentiment derrière, à l’image des jeunes de son âge. Mais il s’est débrouillé d’une manière remarquable. Il avait hâte d’aller retrouver sa chérie.
Le petit truc en plus, c’est qu’ils ont un regard qui ne trompe pas. À chaque moment, on sait où on en est. Et le fait de les sortir de leur centre, qu’on s’intéresse à eux, leurs yeux brillent… et ça, ça n’a pas de prix.
Alessandro, le fils de Marie, 18 ans, futur spéléologue, a la fougue de sa jeunesse et ne craint rien, malgré quelques doutes passagers. Je lui donne ses consignes d’encadrant : "Alessandro, je veux que tu sois au milieu du groupe. Tu assures la liaison et tu me préviens si le rythme ralentit derrière. Garde un œil sur Antoine : dans les passages étroits, tu lui donnes la main." Il n’a pas hésité. Il a rempli sa mission de manière remarquable, proactif et présent sur tous les fronts.
Un clin d’œil à Sophie et Élodie, les deux éducatrices qui se démènent avec peu de moyens, mais qui croient en ces personnes et trouvent chaque jour des solutions pour les sortir de leur isolement.
Sans oublier les spéléos : Marie, qui a été d’une aide précieuse, et Honoré, qui nous a accueillis remarquablement sur son terrain. Honoré nous a aidés durant toute la sortie et nous a transmis ses connaissances sur la cavité. C'est un professionnel passionné ; n’hésitez pas à solliciter sa structure pour une excursion souterraine (06 15 19 61 03).
La cavité de la "Foux de Sainte-Anne" est célèbre dans la région. Résurgence de plusieurs rivières, elle a alimenté les villages alentours en eau, servi d’abri durant la Seconde Guerre mondiale et initié, sans le savoir, des générations de jeunes locaux à la spéléologie. Elle fait partie intégrante du patrimoine et de la mémoire collective locale, avec son lot d'histoires et de légendes.
Ce fut une belle journée. Nous sommes allés aussi loin que les capacités du groupe le permettaient, sur cette ligne subtile entre engagement et plaisir. Mon ressenti rejoint celui d’Honoré : atteindre le puits de lumière peut sembler modeste pour un spéléologue averti, mais c’est une étape extraordinaire pour des personnes en situation de handicap moteur. C’était une sortie d’accoutumance et d’évaluation ; le groupe est solide, la prochaine fois, nous irons au fond.
Alors qu’il ne me connaissait pas, Honoré est venu me voir pour me demander, avec une franchise bienveillante : "Mais au fait, t’es qui toi ?" Un nom inconnu dans le monde spéléo qui amène des personnes souffrant de handicaps mentaux et moteurs sous terre.
Je suis un électron libre. J’ai du temps et organiser ce genre de sortie est facile. Aujourd’hui, c’est la spéléologie, demain ce sera autre chose. Je ne suis qu’un passager ; c’était simplement l’opportunité d’offrir cette expérience souterraine. Nous répétons souvent les mêmes gestes chaque week-end, parfois sans saveur ; l’extraordinaire est ponctuel, et ce genre de sortie en est l'essence même.
Paul
« A la descente, çà descend plutot bien…à la remontée, c’est différent… »
Dimanche, avec Arnaud et Estelle, nous sommes allés faire l’Aven du Cercueil. On propose au club, petit clin d’œil à Justine qui aurait adoré venir avec nous mais qui a eu un empêchement. La spéléologie est un sport très exigeant dans la technique, mais surtout mentalement. Il y a des étapes à franchir, des petits déclics à déverrouiller. D’ailleurs, j’ai plusieurs fois renoncé dans des cavités basiques, tant la mobilisation des facultés humaines y est intense. L’Aven du Cercueil demande un peu de maturité dans la pratique. Elle n’est pas extrême comme on le raconte à longueur de récits, mais elle demande de la technique et du sang-froid.
Je mesure 1m72 pour 77kg, pas le gabarit idéal pour les étroitures, mais j’ai la caisse. Petite préparation mentale : visualisation de la topo, lecture des récits, j’écoute les personnes du club pour me faire une idée. Je me dis qu’il y a des armoires à glaces qui sont passées, une commode ça passera aussi. Ça reste une grotte intime mais pas infâme. Il y a quand même du passage, mais peu 😉. L’infâme, ça a dû être pour les découvreurs : « Qui veut y aller en premier ???!!!! vas-y toi en premier !!! » Et depuis, certains passages ont été élargis.
Je prépare mon matériel aux petits oignons. Je me fabrique une pédale plus longue (pas assez) pour passer les étroitures, il me manquait 10cm pour être confort (chaque cm comptent), En extension maximale, la poignée arrivait juste au niveau de ma cage thoracique. Le contact roche/poignée/cage thoracique n'était vraiment pas confortable mais on apprend. Je fais un système avec du caoutchouc pour raidir la boucle de ma pédale afin qu’elle reste ouverte pour que je puisse la récupérer si je la perds en montant (ça marchera moyennement 😉). J’ajuste mon matériel, je shatertonne tout ce qui dépasse, je récupère mes vieux gants un peu troués mais qui me vont parfaitement, couverture de survie dans les bottes, matériel au strict minimum à l’extérieur. Je peux sortir ça de ma tête et me concentrer sur autre chose. Je n’ai pas de peur, mais je suis concentré. Mon matériel est prêt, j’étais prêt pour l’infâme… qui n’arrivera pas. Et puis avec Arnaud et Estelle, c’est du solide sous terre, j’y vais les yeux fermés.
On se fait un petit briefing à l’entrée de la grotte. Je pose mes dernières questions techniques pour dissiper tout doute de ma part. Arnaud équipe, je passe en deux et Estelle ferme la marche. C’est une cavité assez glissante. On descend très bien avec les kits. D’habitude, on est à l’économie de matos, les fractios sont placés au plus juste. Là, on avait des beaux cols de cygnes bien confortables. Bon, on a quand même eu un traditionnel fractio tendu et un passage de nœud… mais facile. L’équipement n’était pas évident, les chevilles d'amarrages sont vieillissantes. D’ailleurs, à la remontée, il y aura une plaquette qui lâchera, pas de vis usé. Nous l'avons rebouché pour éviter que ça arrive à d’autres.
Il y a trois étroitures assez nettes, deux entre -30 et -70m, ça devient intime, et une dernière à -110m. À la descente, j’ai plus galéré sur les deux premières, et à la remontée, ce fut le contraire. Le plus chiant, c’est de savoir dans quel sens tu te mets pour la passer. En gros, c’est descendeur sur la longe, tu places ton matos, un bras en haut, un bras en bas, la tête sur le côté et tu te laisses glisser. Ça ne dure pas longtemps, 2-3 mètres, ça frottille.
Franck m’avait dit : « Il y en a une, si tu te présentes mal, tu la bouches comme un bouchon… » J’arrive au fond sans rien boucher, confiant, alors qu’à la remontée, j’allais vivre ce que vivait un bouchon quand on rebouche une bouteille de vin.
Nous arrivons au fond dans une galerie avec de grands volumes, des concrétions de partout, des beaux petits gours, une belle coulée stalagmitique ornées de paillettes qui brille de mille feux… c’est vraiment magnifique. Nous prenons le temps de nous émerveiller dans la galerie qui fait partie des plus belles et des plus préservées du Var. On se pose la question de passer la voûte mouillante, mais vu les pluies des derniers jours, l’eau était haute. Ça sera pour la prochaine fois (ça, c’est mon excuse, mais j’avais surtout un sacré morceau à remonter).
C’est parti pour la remontée, Estelle devant, moi toujours en deux et Arnaud qui déséquipe. On arrive à la première étroiture, celle que je pensais passer normalement, car visuellement ça paraissait être la plus facile, et bien, je la bouche comme un bouchon…
Estelle : « Paul, utilise ton pantin, cm par cm… »
Moi : « Ça tombe bien, il vient de se décrocher… » (Et pourtant, dans ma tête : le pantin bien le long de la corde pour ne pas qu’il se décroche…)
Ma poignée, encore un peu courte, cm par cm, je dégage un bras, Estelle me donne la main, je gagne un cm, je passe l’autre bras et c’est gagné. Je la regarde (l’étroiture) et je me dis : comment j’ai fait ? Ça me parait plutôt « large ». À l’aller, je l’ai bien passée, dans l’axe de descente. En plus, c’est celle qui paraissait la moins infâme. Je ne sais pas, il doit y avoir un grip anti retour à la remontée 😉.
On continue à remonter, beau travail d’équipe. Je reproduis ce que fait Estelle par mimétisme, on se passe les kits. Hormis la première étroiture, les autres sont bien passées alors que visuellement elles étaient bien plus inhospitalières (je n’ai pas pris le temps de prendre des photos, j’étais concentré sur autre chose, et puis il faut le vivre, c’est dur de représenter sur une photo la difficulté réelle).
On continue notre remontée. On ne peut pas dire que les puits soient étroits, mais resserrés (j’arrive à remettre mon pantin aisément 😉). Et là, il m’arrive le pire truc de la sortie(en fait non) : la longe du kit qui se coince dans mon pantin. Comment ça peut arriver ???!!!! Même lui s’y met !!!! (Alors que tu passes toute la remontée à regarder ton kit voir s’il est bien placé, et là, il te fait ça. NON !!!!) Bien sûr, ça n’arrive jamais quand tu es dans un super puit bien large. Non, c’est quand tu es au milieu d’un resserrement, que ta tête est déjà à 90° et que tu as un débattement de 20° de chaque côté et que tu es obligé de tout faire au toucher. Bon, rien de fou, tout est très vite rentré dans l’ordre, mais c’est bien chiant.
Nous sortons après un peu moins de 5h sous terre, la philosophie c’est de rester en mouvement, de maintenir un effort constant pour ne pas se refroidir. Place au pique-nique et à la bière de Noël. Nous nous sommes régalés, c’était très beau. Ça n’a été facile pour personne, surtout quant à certains endroits l’unité de déplacement est le cm. C’est une cavité qui demande une bonne caisse. Je suis très content, j’ai passé un cap en spéléo et puis le plus important, c’est qu’on ait partagé un bon moment avec les copains du club.
Paul
Rio Santa Lucia supérieur et inférieur – Rio di Prale – Valle delle Fuse
Arnaud et Estelle m’envoient un message :
« Paul, nous serons ce week-end en Italie pour faire du canyon. On avait prévu d’aller dans les Alpes-Maritimes, mais l’Italie, c’est plus sympa, pour manger, pour l’apéro
... Tranquille, on va faire des canyons qu’on n’a jamais faits (et il ne doit pas en rester beaucoup
). »
Je les rejoins pour le canyon du Rio Santa Lucia, parties supérieure et inférieure. La partie supérieure est en semi-terrain d’aventure (pas d’équipement à tous les franchissements, monopoints, mais assez facile), tandis que la partie inférieure est très bien équipée. C’est un canyon sans difficulté particulière, idéal pour clôturer la saison.
Il est 14 h. Nous avons mis environ 2 h 30 à 3 h pour parcourir l’ensemble et le cartographier pour l’application d’Arnaud Topo Canyon.
Comme il est encore tôt, nous décidons d’enchaîner avec un autre canyon situé à proximité : le Rio di Prale.
Sur place, la surprise est totale. On arrive dans un petit village traversé par une rivière anodine, comme on en voit partout. Après quelques mètres, celle-ci plonge brutalement entre deux failles étroites d’une cinquantaine de mètres de haut : le contraste est saisissant. C’est un beau canyon, court mais beau et surprenant, parfait pour terminer la journée.
Petite mention au tuyau d’évacuation des déchets d’élevage qui agrémente une partie de la descente par son odeur caractéristique
.
Après une soirée italienne conviviale, nous prenons la route le lendemain pour le canyon de Valle delle Fuse.
La lecture du topo sur Descente-Canyon annonce : eau à 8 °C alimentée par une source souterraine, bon débit toute l’année, canyon dangereux et engagé, mouvements d’eau…
La température de l'eau on s'en fout, mais le reste interpelle. Nous nous équipons en conséquence, en mode terrain d’aventure.
Nous hésitons un moment, procédons à des regroupements carto et observons à la jumelle les cascades en aval pour estimer le débit. Le ressenti est bon et nous sommes préparés à toutes les éventualités. Nous décidons d’y aller.
Nous enfilons nos néoprènes encore mouillées sous un soleil automnal timide. La première vasque réveille immédiatement.
Le canyon est bien équipé. L’eau est fraîche, mais le soleil rend la descente agréable.
Nous atteignons rapidement la fameuse partie qualifiée de dangereuse, décrite comme accidentogène. Une déviation permet d’éviter l’actif et elle est très facile à rejoindre. Même en imaginant un débit de printemps, il est difficile de comprendre la dangerosité évoquée : tout est conçu pour franchir l’obstacle en sécurité.
Nous arrivons ensuite au collecteur, dans un grand bassin, et bouclons la descente en environ 1 h 30.
La remontée est raide, très raide. Aucun chemin n’est tracé, et les feuilles d’automne rendent le terrain glissant, mais la progression reste rapide.
Encore un beau moment de partage avec Estelle et Arnaud, à poncer les canyons italiens.
Paul
Un grand merci à Hervé, Carine et Paul pour cette journée d initiation à la Spéléo!
Une journée sportive et riche en émotions ou nous avons découvert un monde souterrain de toute beauté. Les filles ont adoré , elles ont été impressionnées et sont partantes pour en refaire ! Encore merci .. c'était topissime ..
Manue.
C'etait une expérience très riche en émotions et en aventures, avec des fortes sensations dés le début. La spéléologie n'est pas une activité facile à pratiquer, mais avec une équipe encadrante aussi compétente et bienveillante, elle devient plus accessible et ludique.
Nous avons découvert des galeries impressionnistes, rampé dans des passages étroits et fait du rappel de 15 mètres de haut! Cette immersion dans le silence et l'obscurité de la terre nous a permis de dépasser nos peurs et de renforcer l 'esprit d'équipe. C'est vraiment une expérience unique vivre au moins une fois dans sa vie .
Zoé, Alix, Mathilde, Romy
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Au départ, 4 copains de Carqueiranne qui pratique la spéléo depuis l’âge de 15 ans.
Nous nous rapprochons vite du SCS (Spéléo Club de Sanary), club très structuré où la famille Clément nous accueille à bras ouverts. Pendant 4 ans, Hervé Tainton, président du club va nous entraîner sur de nombreux massifs calcaires dans des aventures plus rocambolesques les unes que les autres.
Petit à petit, nous faisons découvrir notre passion à d’autres amis de notre commune. En 1983, nous décidons de nous émanciper en créant un club à Carqueiranne. Etant tous motards, nous avons fait en sorte que les initiales du nom fassent GAS, le G étant tiré d’une vieille légende provençale.
Depuis le début, le club est affilié à la FFS (Fédération Française de Spéléologie) avec une forte implication dans la vie et les actions fédérales.
Par ailleurs, il a un agrément « Jeunesse et sports » et est membre du CDS 83 (Comité Départemental de Spéléo).
Son fonctionnement est totalement basé sur le bénévolat. Les anciens initient et forment les nouveaux qui à leur tour deviennent encadrant.
Actuellement, il est partenaire actif de l’EDSC 83 (école départementale de spéléo et de canyon) et est engagé auprès du SSF 83 (spéléo secours) pour diverses missions spécialisées.
Il dispose d’un matériel collectif conséquent qui permet de pratiquer la spéléologie sportive ou d’exploration, le canyoning, l’escalade et la randonnée engagée.
Deux bulletins retraçant nos aventures de 1983 à 1997 ont été édités par Alain Kilian et sont disponibles ci dessous, ainsi que tous les comptes-rendus annuels d’activités depuis 2005.
Toutes les vidéos sont à retrouver sur le lien :
Quelques articles de presse :
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