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GALAMAOUD ASSOCIATION SPELEO

GALAMAOUD ASSOCIATION SPELEO

Actualités du club spéléo de Carqueiranne

Publié le par Franck
L'outil indispensable de l'équipeur

L'outil indispensable de l'équipeur

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Publié le par Franck

Elle vous suivra partout dans vos activités de pleine nature !

 

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Publié le par gasclub83

Chant lyrique, musculation du périnée, bonne bouffe et canyoning.

« Vous avez du poulpe ???!!! »

Weekend canyoning dans le 06, exceptionnel pour ses paysages et ses rencontres : Nous sommes allés à la découverte de notre périnée pour découvrir sa voix et mieux chanter grâce à une professeure de chant lyrique… Et sinon : "Vous avez du poulpe ???"… Le weekend fut court mais l’histoire vaut le détour. » Accessoirement, nous avons fait deux canyons.

De fil en aiguille, le weekend se monte. Le choix se portera sur la vallée de l’Estéron, ses très beaux canyons d’un calcaire lumineux et ses vasques d’un bleu limpide. Il y a eu des orages dans la semaine, nous regardons les débits avec attention. Rien de tel pour avoir la météo du coin que d’appeler le bar du village (valeur sûre). « Les gars, vous ne me croirez jamais, y’a un con qui m’a appelé pour me demander s’il y avait eu de l’orage… et après on dit qu’on picole, pfff, j’te jure, fin juin, les champions sont déjà là, l’été va être long les gars, ils sont là… »

Encore indécis sur le choix des canyons, nous avons en tête Aiglun pour dimanche. Premier canyon, nous ferons « Le Gros Riou » au départ du pittoresque village de Cuébris (en fait, il n’est pas pittoresque, c’est notre patrimoine ; le temps s’est arrêté dans cette France d’antan qui devient, par la désertion de ses habitants, une carte postale ou des posts Instagram l’été, au détriment de quelques habitants).

Nous rejoignons l’intrépide Ingrid et l’optimiste Laurent (« c’est comme ça, on trouvera bien une solution, on trouve toujours une solution, on n’a pas le choix… »). Répartition du matériel collectif, les fameux kits boules, qui deviendront les kits boulets… La magie du kit boule, c’est d’avoir son sac à dos presque vide, et d’avoir un kit boule à la main avec sa corde. Bilan : sac vide, mains encombrées, quand tu dois escalader ou autre, tu as un truc qui pend à côté + ton sac à dos… Il n’y a pas à dire, c’est du génie. Le point positif, c’est que de temps en temps, tu ne portes que ton sac à dos presque vide… (les petites victoires). Chacun ses us et coutumes…

On s’inquiète un peu, le début du canyon est un peu sec, juste un petit filet d’eau par-ci, par-là, on tombe le haut de la combinaison. Puis nous arrivons à la très belle cascade de 27 m qui se jette dans un beau bassin. Elle coule assez pour faire un bel arc-en-ciel. Il y a deux passages, dont un où il faut passer dans un trou qui est bien large et c’est très fun. Puis nous continuons notre descente et c’est tout aussi beau, nous arrivons sur de magnifiques vasques en restanques. De temps en temps ça saute, d’autres fois non ; quoi qu’il arrive, il faut amortir, le débit est petit. Avec cette chaleur caniculaire, on va volontiers dans les vasques.

Très beau canyon que nous avons effectué en prenant notre temps en 2 h. On rencontre d’autres canyonistes à la sortie, on papote sur les conditions… puis nous retournons à la voiture sous une chaleur écrasante.

« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
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« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »

Nous regagnons le camping des « Fines Roches » et là encore, une très belle découverte. Il a juste ce qu’on attend d’un camping. Ne vous attendez pas au grand luxe matériel, mais au contraire, le luxe, ce sont les gens. Ils organisent plein d’activités culturelles avec leur association « Bulles d'air »… et des fiestas. Ça serait con d’aller dans un camping pour dormir. Eh bien nous, nous sommes arrivés le jour de l’atelier chant lyrique avec la pétillante Céline Barcaroli. Nous nous sommes laissés prendre au jeu, c’est parti pour l’atelier chant lyrique. Et puis j’ai toujours ce doux rêve de pouvoir un jour chanter juste, faire un solo d'Aznavour : « Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles… ; Hier encore, j'avais 20 ans… »

J’étais à des années-lumière de penser que ce samedi 27 juin j’allais émettre des sons en faisant des exercices de contraction du périnée, faire la cigale, différents exercices de respiration… Ça paraît lunaire, ça l’est un peu forcément, c’est lunaire. Nous nous sommes tous pris au jeu et nous avons passé un agréable moment. Nous nous sommes donné la main et nous avons chanté en chœur ou en polyphonie.

Julie, la fille de Laurent (Laurent qui dit aussi à tue-tête : « Ma fille, elle a fait l’armée, ça ira »… et tu rajoutes n’importe quelle phrase de contrainte : l’eau est froide, il fait chaud, la voiture est en panne, il n’y a plus de pain…), nous a rejoints pour faire le canyon du lendemain et surtout pour faire le super restaurant du coin, l’incontournable « La Capeline », où l’on y mange une cuisine traditionnelle niçoise dans un cadre très sympathique. Ingrid a bloqué sur le poulpe : « Tu crois qu’il y a du poulpe dans l’assiette gourmande ? » Au serveur rincé : « Il y a du poulpe ??? » Qui lui répond : « Je crois que oui, enfin, hier il y en avait… » La réponse n’est pas nette (quand tu te noies tout seul dans ton mensonge), mais Laurent aurait pu dire : « Ben écoute, c’est comme ça, on mangera autre chose, vu les assiettes, on ne va pas mourir de faim. » Avec les orages des derniers jours, les poulpes se font discrets dans la rivière de l’Estéron.

On pensait qu’on allait se coucher tôt, jusqu’au moment où le patron du restaurant vient nous demander si tout s’est bien passé et qu’il te dit : « Je suis un passionné, on peut en parler des heures. » Bon, on va se rasseoir autour d’une poire. On a eu l’histoire du restaurant et la vie politique du canton : passionnant. Nous avons félicité la patronne et nous sommes retournés dans nos pénates. À 23 h, personne n’était couché, c’était la comédie. Christophe aurait été là, il aurait été comme un coq en pâte.

« Vous avez du poulpe ???!!! »

Le lendemain, C’EST BOOOO ….  nous mettrons Aiglun de côté et nous irons faire le Riolan amont et aval, en fait l’intégrale. Ça permet de s’échauffer dans l’émerveillement. Ces failles creusées dans le calcaire par l’eau, c’est un canyon assez aquatique et très esthétique. Il fait chaud, on fait vite tomber le haut de la combinaison. Ça doit être un des canyons les plus beaux du 06 et les plus fréquentés. Sur la première partie, on n’a croisé personne, ce qui est normal, et sur la deuxième partie, qui est la Mecque du canyonneur, nous avons croisé un petit groupe d’Italiens très sympas que nous avons laissés passer devant. Car à un moment, quand il y a deux groupes avec à peu près le même niveau, ça devient la course à l’échalote et, en fin de compte, on se gêne. On a ralenti pour apprécier ces magnifiques paysages que l’on ne peut pas voir si on ne s’engouffre pas dans ces canyons. On n’a pas chômé non plus : avec la pause repas, on a mis 3 h 30 pour faire l’amont et l’aval. Ce fut une belle balade avec les copains du club.

Vous savez comment on sait que l’on arrive à la fin d’un canyon ??!! La plupart du temps, on a des personnes âgées cachées dans les petites criques, à poil, en train de se faire bronzer la nouille. Ou sinon de belles femmes qui font la bronzette avec peu de tissu. Pour l’occasion, il y avait Beyoncé et J-Lo à l’arrivée. J’ai dit à Franck : « Je crois qu’on est arrivés à la fin du canyon » (non, je n’ai pas dit ça).

« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
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« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »
« Vous avez du poulpe ???!!! »

Quand on retrouve le monde moderne, on a l’impression que l’on arrive d’une autre planète avec nos accoutrements. À la sortie, le dithyrambique Hubert Ayasse vient nous taper la causette ; c’est un des messieurs du canyon du 06.

Un beau weekend se termine, nous n’avons eu quasiment personne dans les canyons (le modjo), un beau moment de partage, loin de la canicule, avec Laure, Franck, Laurent, Ingrid et Julie.

Paul

heureusement que la brigade du style était en weekend, nostalgique des années 90...

heureusement que la brigade du style était en weekend, nostalgique des années 90...

le fameux kit boulet

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Publié le par gasclub83
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026

Nous nous sommes rejoints, Paul, sa sœur, Leilou et moi, sur le parking à une heure peu faite pour des vacances : 7 h 30. Nous avons donc commencé la marche d’approche aux alentours de 8 h. De là, nous sommes arrivés à l’entrée du canyon après avoir eu très chaud. Nous équiper fut donc la dernière épreuve avant de pouvoir nous rafraîchir dans le canyon. Nous avons ainsi entamé notre descente vers 9 h. Au bout de quelques minutes seulement, nous nous sommes vite rendu compte que ce canyon n’était pas comme les autres. Il dégageait quelque chose de magnifique, tant par sa beauté que par son calme. Toutefois, nous avons rapidement rencontré nos premiers rappels. Cette sensation de se laisser descendre le long d’une corde dans un cadre aussi paradisiaque, c’est quelque chose que je redécouvrais après bien longtemps.

Au fur et à mesure de la descente, le canyon devenait de plus en plus beau, jusqu’à ce que nous arrivions dans la plus belle partie de cette matinée. Le décor venait de changer radicalement : nous nous retrouvions dans une jungle rappelant la planète Pandora. Nous avons donc avancé dans ce paradis aux couleurs exceptionnelles en enchaînant marche, nage, sauts et rappels ! Une fois sortis, nous avons encore marché un petit moment pour finalement arriver en haut d’un petit barrage duquel nous avons sauté afin de conclure cet incroyable moment de plaisir dans une vasque turquoise, sous les yeux des baigneurs pour lesquels nous étions probablement des extraterrestres, vêtus d’un accoutrement pour le moins original.

Ce que je retiens de cette journée : La découverte d’un canyon ludique aux paysages féeriques, ainsi que la rencontre de magnifiques personnes, généreuses et prêtes à transmettre leur savoir aux générations futures. Merci beaucoup, ce fut une superbe expérience ! Au plaisir de se retrouver de nouveau dans un canyon.

Axel Wentzel

Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026
Bienvenue sur Pandora : Canyon Rio Barbaira – 21 juin 2026

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Publié le par gasclub83
APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!

La spéléo, c’est de temps en temps une affaire de bonne bouffe. Alors que je déposais du matériel au local, un échange téléphonique : « Paul, demain on va faire une fondue au Dragon, ça te dit de venir ?  Ben ouais, en plus j’y suis jamais allé… trop cool. » En semaine, une petite soirée sous terre pour aller déguster une bonne fondue, c’est vraiment top.

J’appelle Micka et Émeline, ils sont fin fous des fondues au Dragon, je crois que c’est leur sortie spéléo signature, tu vois cette vision quand les gens te parle de quelque chose et qu’ils ont les yeux qui brillent tellement l’émotion les envahies. Et ils sont équipés : caquelon… (casserole en fonte pour faire la fondue, en plus j’aurai appris un mot). On se répartit les tâches, je dois ramener le fromage car Virginie n’en a pas trouvé… Je me suis dit : « Elle n'a pas dû chercher longtemps… » (mais en fait, si…).

Après deux supermarchés, impossible de trouver des sachets de fromage à fondue. En plus, Micka m’avait dit : « Tu prends du Fleury nichon, Entremont, Richemont, c’est le meilleur. » Bref, j’ai compris qu’il fallait que je prenne des sachets de fromage avec plein de perturbateurs endocriniens. Va trouver du fromage à fondue tout prêt au mois de juin dans le Sud ! J’ai poncé les supermarchés… J’ai même découvert des trucs, des horreurs à la vente… La vendeuse à Carrefour était super sympa, elle me dit : « Il vous reste Grand Frais. »

Bien que je sois un fin gourmet, je n’étais jamais allé à Grand Frais, que l’on peut rebaptiser « Grand Prix ». Tu entres dans le magasin, tu regardes un prix, tu prends une balle dans la cuisse : « Je ne vais pas en sortir indemne. » En plus, c’est ultra-climatisé, je ne sais pas si c’est pour conserver tous les seniors qui viennent ou les produits. J’approche du rayon fromage, mon œil est attiré par une fougère… sur un fromage corse basique à 23,90 euros. Deuxième balle, enfin je marche équilibré.

Là aussi, pas de fromage à fondue en sachet. J’achète les fromages et on les fera fondre. Je prends une bonne bouteille de blanc pour ne pas que ça colle au fond de la casserole (mouais), et c’est parti.

Rendez-vous sur le plateau de Signes, tout le monde est là : Laure, Virginie qui fait son initiation verticale, Micka et Émeline(alias les B), Filou et moi-même. On se répartit le matériel, les kits sont bondés, mais c’est pour la bonne cause. Dix minutes de marche, nous arrivons à l’entrée de la cavité, deux accès que Micka et Émeline équipent.

Tout le monde descend, Virginie s’en sort à merveille, elle restitue tout du premier coup, sa clé complète, etc, bravo. On commence à descendre dans un resserrement durant 2 mètres avant d’être en plein vide à 27 mètres de haut dans une très grande salle. Quand tu arrives en bas, tu sais que c’est le spot idéal pour faire une fondue. C’est très beau et dimensionnant, c’est une cavité qui ressemble à ce qu’on peut imaginer de la spéléo. Avec Micka, on passe aux choses sérieuses à préparer la fondue, pendant que les autres font le tour de la grotte. Elle s’appelle le Dragon car il y a un rocher qui est en forme de dragon.

APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!
APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!

On déballe la nourriture et on se rend compte que pour six, on ne va pas mourir de faim, ou peut-être après trois jours sous terre… et de soif non plus. Quoiqu’on n’avait pas d’eau, on aurait pu se déshydrater plus rapidement.

On découpe le fromage que nous mettons délicatement dans le « caquelon », une goutte de vin dans la fondue et dans le gosier pour fluidifier tout ça. Petit à petit, elle prend forme dans sa belle robe onctueuse. Les effluves de fromage commencent à nous enivrer, et la bière aussi.

APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!

La fondue est prête, nous nous rassemblons autour du pique-nique qui a une allure de festin. En fait, c’est ça le vrai luxe : partager des moments dans des endroits insolites. 45 minutes de voiture, 2 heures sous terre à passer un moment incroyable, une bonne bouffe, ça n’a pas de prix.

APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!
APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!
APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!
APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!

Filou a osé sortir une salade de boulghour, j’aurai appris un autre mot ce soir-là, je ne savais pas ce que c’était. Un légume ??? Qui n’a pas de goût, à une soirée fondue !!!! C’est purement de la provocation. À la suite de la soirée, la cavité a failli s’appeler la grotte du Dragon et de Filou, c’est un coup à rester en bas.

APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!

Virginie, pour sa première, était émerveillée, le rosé aidant. Laure, voyant la soirée vaciller, nous donna le top pour remonter. Petite remontée de 30 mètres plein vide après un bon repas, ça réchauffe le corps et l’esprit.

Nous sommes tous sortis avec le sentiment d’avoir passé une excellente soirée. Merci pour ce moment.

Paul

APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!
APPORTEZ LA MARMITE DE FROMAGE FONDU !!!!
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Publié le par gasclub83

"Nous sommes partis faire du canyoning en Albanie durant les vacances... Mais, en vérité, nous avons fait du canyoning sans être en vacances." — Christophe Héry, Parabole albanaise, verset 12 de la Bible du spéléo 😉

Non, en fait, il a dit : "On n’est pas allés en vacances en Albanie pour faire du canyon, mais on a fait du canyon en Albanie pendant notre temps de vacances".  ou quelque chose comme ça, je ne sais plus…pas simple, vous lui demanderez.

Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire

L’Albanie est un pays qui a été souvent conquis mais jamais soumis, un petit air de Corse à l’échelle d’un pays comme la Belgique, mais en plus dur, plus extrême, et finalement incomparable. Malgré son histoire méconnue, ce fut l'une des dictatures les plus dures au monde, jamais égalée dans l’ère moderne ; il n’y a pas de pays actuel auquel nous pourrions la comparer aujourd’hui, c’est dire. C'est un pays qui est resté totalement fermé durant quarante ans. Quand on s’y intéresse, l’histoire est incroyable et la dureté de la vie y est encore largement transmise, car les témoins sont encore jeunes. Et quand on pose des questions, les yeux rougissent, le regard en dit long, nous n’avons pas besoin de traduction.

Quand on se rend dans la campagne, on se rend à peine compte du poids de l’histoire. Nous arrivons en Occidentaux avec du matériel rutilant dans un monde où se mélangent la ruralité et une richesse débridée : « Quand on manque de tout, on veut rattraper le temps perdu, manger jusqu’à la déraison, avoir la plus grosse maison, la plus grosse voiture… », on ferait tous pareil. Je viens consommer ; on nous dit que le tourisme est un facteur de développement, mais nous sommes devenus, par la masse, des prédateurs. Internet a mis en concurrence le monde : nous pouvons aller toujours plus loin, mais nous perdons l’essentiel, la rencontre humaine. L’Albanie est encore préservée de cela, mais j’ai senti que nous étions sur la ligne jaune. Bientôt, le lien sincère avec la population ne se fera plus ; chacun jouera sa partition avec cynisme. Nous croirons à l’authenticité car nous payons moins cher que chez nous ; chez nous, nous payons le prix fort et nous ne négocions pas ; chez eux, nous payons le juste prix, voire faible, et nous engageons une petite négociation qui galvanise notre ego. Bientôt, nous paierons le prix fort. Ils nous vendront un mirage que nous aurons payé, et chacun retournera dans son monde : les bons comptes font les bons amis. On aura ce qu’on mérite.

Bref, nous sommes partis pour y faire du canyoning. Ça paraît fou, mais les rivières sont incroyables et les premiers topos ne sont sortis qu’en 2022. L’équipement y est rudimentaire, la plupart du temps en monopoint ou inexistant ; ça reste un terrain d’aventure car personne ne viendra vous chercher, ou alors après un très long moment. Le principal fournisseur d’électricité du pays est constitué par les barrages hydroélectriques ; il faut donc faire attention et ne pas hésiter à poser des questions aux locaux. Comme il n’y a pas de règles sur un petit barrage, à la moindre défaillance, vous vous retrouvez avec 1 m³/s dans le canyon.

Durant le séjour, nous nous sommes posé la question : « C’est quoi, faire du vrai canyoning ? ». Chacun a sa définition et sa vérité. Honnêtement, je n’avais jamais considéré que descendre des cascades était un sport, et pourtant, maintenant, j’en fais. Je pensais que le plus dur, et en même temps le plus facile, était de descendre des cascades avec des cordes, mais c’est faux. Il faut gérer l’actif, et ça, c’est vraiment extrême : s’imaginer ce que l’eau peut faire dans le canyon. L’eau évolue en fonction de son débit et, même avec un petit débit, une fois canalisée, elle peut générer une force incommensurable. On entre dans le canyon avec un filet d’eau et on se retrouve avec des bassins énormes et une force incroyable. C’est cela qui m’intéresse : les affluents qui alimentent le collecteur principal, avoir une vision globale de la vallée, imaginer ce que ça pourrait être, comprendre les mécanismes, l’influence de l’artificialisation des rivières (barrages)… sans compter les autres phénomènes liés aux mouvements d’eau, aux mélanges d’air et d’eau… Bref, ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

Alors, le « vrai canyoning » pour les uns, c’est d’y aller en marchant : « La navette ? Non ! Si on ne fait pas une marche d’approche, ce n’est pas un vrai canyon. » C’est une vision des choses. Alors pourquoi descendons-nous avec un descendeur ? Nous pourrions descendre au demi-cabestan, voire à la chamoniarde (rappel en S)… Pourquoi artificialiser les rivières avec des points fixes ? Laissons la nature intacte et équipons à chaque fois selon le relief : c’est peut-être ça, le vrai canyoning ? Il est sûr que, quelle que soit notre méthode, au gré de notre pratique du canyoning, nous nous rapprochons ou nous éloignons de la pureté du sport ou de notre vérité. Le tout est d’avoir du confort au juste besoin ; parfois nous faisons autrement, et d’autres fois nous embrassons la modernité. Bien que des idées arrêtées puissent exister, la perfection n’existe pas et nous faisons comme nous pouvons.

Bref, des marches d’approche, nous en avons fait, et des marches de sortie aussi ; nous sommes à une moyenne de plusieurs heures de marche par jour. L’Albanie est une terre de bergers, donc il y a des chemins un peu partout ; les routes peuvent s’arrêter à tout moment, se transformer en piste et reprendre plus tard.

Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire

Nous avons utilisé les topos de Pascal Van Duin et Guillaume Coquin pour les canyons. Il y a eu un gros travail de cartographie fait par Arnaud en amont, ce qui a permis de ne pas perdre de temps et d’agrémenter son application « Topo Canyon ». Le 4x4 est indispensable en Albanie ; nous avions réservé des Pajero et finalement nous avons eu des SUV. Il faut bien préciser à la compagnie de location que vous voulez un 4x4 avec boîte courte, sinon ce sera un SUV (cela, nous l’avons appris au détriment de notre expérience). En ce qui nous concerne, il a fait quasiment beau toute la semaine, donc nous sommes sortis sur les pistes, mais à la moindre pluie, c’est une patinoire boueuse. Les routes de montagnes ont une forte inclinaison et sont souvent abîmées. Même pour aller chercher un Airbnb à proximité d’une ville principale, on peut se retrouver à faire 20 min de piste. L’Albanie est un pays en construction, il évolue en permanence ; les applications ne sont pas toujours fiables hormis sur les grands axes. Il faut toujours recouper, car elles nous font vite faire un détour ou tourner en rond.

Il est temps de parler du vif du sujet : « marcher dans les rivières, et on n’a pas chômé ». Nous sommes arrivés le samedi de Nice avec Wizz Air, 1h45 de vol, comme une lettre à la poste. On récupère notre voiture et direction le district d’Elbasan pour faire nos premiers canyons le lendemain. Nous faisons la connaissance de Titouan, le fils d’Arnaud, 20 ans ; cela faisait 20 ans que je n’avais pas vu quelqu’un porter un débardeur blanc comme Christopher dans l’émission de téléréalité « Les Ch'tis », mais bon, on lui pardonne, il vole comme son père dans les canyons. Et Mathieu, DE de canyoning, qui se fait appeler Piranha du 73. Avec un pseudo comme cela, ça impose. On sent le type qui est un prédateur, que rien n’effraie. Au long du récit, on aura le temps de parler de la parabole de l’éléphant et de la souris… ainsi que de chaque protagoniste de ce séjour.

Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire
Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire
Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire

Premier canyon le dimanche matin : « Zallit Te Korres », une belle marche d’approche d’une heure. Nous commençons avec un très beau canyon et une eau froide ; ce sera le canyon le plus froid de la semaine. Idéal pour se mettre en jambe : il y a de l’eau, l’eau est belle, elle est d’un bleu soufré, il y a des sauts, très ludique. Ça commence bien. Pas de difficulté particulière, en mode « monopoint spirit », mais ils sont récents et en très bon état. Conforme aux topos.

L’après-midi, nous partîmes faire le canyon de Gares, départ dans une déchetterie sur l'un des affluents. Nous marchons 45 min dans la rivière jonchée de détritus et une eau marron et sale : « il est déconseillé de boire la tasse, il y en a qui ont essayé et ils ont eu des problèmes ». Malgré cela, le canyon est intéressant : un siphon bien en eau à passer et une belle cascade de 35 m viennent sauver le début du canyon. Dedans, on croisera « Dédé et Chriber » albanais (pour ceux qui ont la réf) du village avec une serpette. La scène est aussi surréaliste pour nous que pour eux : nous, habillés d’une manière rutilante, et eux en guenilles. Deux mondes nous séparent. Dans ces moments-là, je me dis : c’est trop, on s’amuse, et eux essaient de trouver de quoi manger… Mais ils avaient l’œil vif, ils ont bloqué sur notre géologue préférée, Nathalie. Pascal, son compagnon, veillait au grain ; j’ai senti qu’ils auraient aimé tenter un truc, mais ils étaient en sous-nombre.

Nathalie, c’est notre géologue poète. Posez-lui une question et elle s’envolera dans une tirade lyrique : « Regardez ces parois, ces cathédrales de roche blanche qui défient l'azur ! Ici, en terre d'Albanie, le calcaire n'est pas une simple pierre ; c'est un livre de chair minérale, un parchemin mésozoïque que l'eau a entrepris de sculpter avec la ferveur d'un amant tourmenté… »

Non, je déconne, elle vous répondra : « Bah !!!! C’est un caillou !!! »

Première petite journée. La moyenne de la semaine sera un départ à 7-8 h du matin et un retour à 20 h. Le soir, nous pouvons nous reposer dans une maison démesurée. C’est compréhensible : en Albanie, ils ont manqué de tout. Il faut s’imaginer que c’était pire que tout, alors quand l’étau s’est desserré, ceux qui ont eu de l’argent sont partis dans l’ostentatoire. Beaucoup de mauvais goût, mal fini, mais imposant et clinquant. « Beverly Hills » entre une nationale et une décharge.

Pas évident de faire les courses, de tout trouver. En fait, il y a tout, mais il n'y a pas un choix énorme comme chez nous, juste l’essentiel, et c’est très bien. Et comme il y a une grande influence italienne, dans tous les magasins, il y a un rayon italien ; c’est toujours sympa. Pour trouver de l’alcool, il y en a partout et nulle part : il a fallu compter sur mon flair d’ancien marin pour trouver les codes, us et coutumes (5 min).

Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire
Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire
Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire

Lundi : journée intense mais des canyons plutôt tranquilles et esthétiques : Shushices et Vildes. Nous trouvons de belles cavités avec une échelle spéléo « à l’albanaise » ; l’échelle sort tout droit du château de Poudlard. Ce sont de beaux canyons, conformes aux descriptions des topos. De belles marches d’approche et de retour : nous traversons des campagnes d’un autre temps. Il y a des brebis, des chèvres et des vaches partout. Les habitations sont rustiques, bordées par des champs fleuris de printemps, au pied de montagnes enneigées. On imagine que les hivers doivent être rudes. Des familles entières en train de bêcher les champs sans modernité nous regardent avec indifférence. Nous finirons par aller boire une bière dans le village touristique, face à un beau coucher de soleil qui vient mourir sur les montagnes enneigées.

Encore une belle journée. Je propose de nous faire un petit restaurant. Estelle, alias « Lucy van Pelt », notre petite boule de tendresse, nous propose à la place de cuisiner une spécialité locale. Manque de pot : nous serons en coupure d’électricité durant toute la soirée. Nous mangerons des succulentes tagliatelles de courgettes et des brochettes de poulets… à la frontale. Je garderai mon ironie pour moi.

Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire
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Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire
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Il faut préparer les voitures et le canyon du lendemain : le canyon de Holtit, qui est l'un des majeurs de la région. Il y a pas mal de paramètres à prendre en compte : niveau d’eau, barrage hydroélectrique, mais surtout la navette (il y a une heure de route pour aller du point de départ à l'arrivée). Et là commencent les idées : on monte à pied (3 h de rando)… Je vois sur un topo un numéro de téléphone pour demander au gardien les niveaux d’eau. Je contacte « Lindor » sur WhatsApp ; il me répond instantanément et me propose une navette : 110 euros pour huit, deux voitures qui nous emmènent au point de départ. Le prix est bon : 55 euros par voiture pour faire 2 h de piste pour eux. Si on avait fait la navette à deux voitures, c'était 4 h de perdues. En fin de compte, ce n’est pas cher. Après, ceux qui veulent négocier négocient, mais est-ce que chez nous on négocie ? Non. Le prix est juste, on paye et basta. Et en plus, Lindor nous fait « le relais secours ».

Pour ceux qui veulent faire du « vrai canyon », il y a la marche… et la rencontre avec les chiens de berger albanais, les « Yougoslaves de Charplanina ». N’oubliez pas d’allumer Strava pour être le KOM de la région et sûrement battre le record de Jimmy Gressier sur le 10 000 m (tu n’as pas le choix… et avec ton sac de canyon sur le dos). C’est une sorte de patou très musclé et énervé ; il protège les troupeaux contre les loups… et les ours. À bon entendeur.

Holtit est vraiment un très beau canyon dimensionnant. De temps en temps, nous sommes presque dans le noir, la lumière ne passe presque plus. Nous sommes entre deux falaises avec un espacement de 1 m qui montent jusqu’à plus de 200 m. Incroyable. Il est vraiment très beau. Il se finit par des sources d’eau chaude soufrées. Ce qui est impressionnant en canyon, c’est que l’on part souvent d’un filet d’eau dans une rivière insignifiante et que nous nous retrouvons dans des endroits irréels. Tellement irréel que nous avons croisé un serpent (courant) ; il faisait son check-point, tranquille sur un rocher, et on a commencé à lui parler comme à un animal de compagnie : « Allez, va-t’en, mais oui, mais oui, choupi, choupi… ». L’animal préféré de notre « piranha du 73 » ; tel l’éléphant, il croisa sa souris. Alors qu’il bronzait sur son rocher, le serpent nous regarda avec dédain et s’en alla, nous laissant passer. C’est nous qui sommes chez lui.

Une fois sortis, nous pique-niquons et, pour une fois, nous n’enchaînons pas de nouveau canyon, car nous avons 2 h de route pour rejoindre notre nouveau logement. La route est référencée, mais c’est une piste. Comble de la modernité : il y a une glissière de sécurité. Nous arrivons dans une belle maison dans les montagnes, l’accueil y est chaleureux. Par contre, il ne faut pas avoir oublié quelque chose en ville (« Ah merde, le pain ! »), sinon tu es parti pour 1 h 30 de voiture A/R. Nous sommes dans la région de Tepelene. C’est vert, la rivière Vjosa est bien présente ; elle est surnommée « la dernière rivière sauvage d’Europe » car elle n’est entravée par rien, de ses montagnes jusqu’à l’Adriatique.

Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire
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Mercredi, place aux 50 ans d’Estelle ! Tout le monde se relaie pour lui souhaiter son anniversaire et embrasser notre matriarche en toute solennité. Bon, il ne faut pas trop tarder, on a canyon et la route est longue et tortueuse. Aujourd’hui, nous irons au canyon de Vagalatit et nous en profiterons pour faire son affluent, le Limar. Limités par nos voitures, nous n’irons pas jusqu’au village final, donc nous ferons la route à pied. Nous traversons des villages en belle pierre sèche du bout du monde, où le temps s’est arrêté, la jeunesse a déserté, ne laissant que quelques personnes âgées et leur troupeau. Il est rare de partir du haut d’une montagne pour aller chercher les canyons en contrebas. Le premier canyon était annoncé comme très beau dans un calcaire stratifié, mais il a dû subir une crue qui a bouché les bassins : l’eau était remplie de terre. Dans l’ensemble, c'était beau mais pas exceptionnel.Une partie de l’équipe décide de se faire son affluent qui était beaucoup moins bien noté et, là, surprise : il était très beau et très en eau. Comme quoi, il a dû y avoir un phénomène climatique qui a modifié l’ordre des choses dans la rivière. Il nous reste à remonter un D+ de 600 m pour rejoindre la voiture, que nous avalerons à bon rythme avec nos sacs en 1 h 15.

Nath, comment expliques-tu ce bouleversement géologique ? : "Je pense que le côté boueux du canyon provient du gros glissement de terrain en amont". Ah oui ! Trop forte ! Donc la montagne qui s’est effondrée, qui a coupé la route, le chemin par lequel nous sommes descendus, que nous avons détourné, sont dans le canyon !! Trop forte !

Retour dans une petite ville à proximité de Përmet ; nous nous octroyons du temps pour faire du tourisme, aller boire un coup et finirons par manger sur place. Les restaurants sont très abordables et les produits frais ; ils épluchaient les pommes de terre devant nous pour faire les frites, limite à voir l’agneau vivant avant de l’avoir dans notre assiette. Et puis nous irons nous coucher, car demain nous avons un gros morceau avec le canyon d’Ademit.

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Nous sommes déjà jeudi et nous avons bien entamé la semaine de canyon. Direction Ademit ; nous partons très tôt car ils annoncent une météo pas terrible à partir du milieu de journée. La route est belle. Nous traversons différents petits villages avec les vestiges des monuments communistes qui font toujours référence à la guerre et au Parti communiste (comble du mauvais goût, mais historique). Le départ d’Ademit se fait dans un affluent, nous ne sommes pas encore dans le collecteur principal, et là déjà il y a de l’eau, beaucoup d’eau, trop d’eau. Estelle est prête à en découdre mais des questions commencent à se poser dans le groupe. Nous n’avons pas de retour récent, nous sommes en début de saison, nous ne sommes pas encore dans le collecteur principal, aucune vision sur l’équipement ; mais si on se réfère à ce qu’on a vu avant (monopoints et quasi pas de mains courantes), pour aller chercher certains amarrages, c’était exposé.

Petite réunion de groupe, j’exprime mes doutes et mes peurs avec retenue, je pose des questions, je rappelle une phrase qui est notée dans le topo de canyon : « En cas de météo erratique (notre cas : risque d’orage l’après-midi et il avait plu la veille), s’abstenir… ». Je vois que dans le regard de certains, on partage la même analyse. Arnaud nous explique : on partirait dans du gros débit avec des équipements aléatoires, il faudra sécuriser chaque franchissement. Il est initialement donné pour 6 à 8 heures, les échappatoires sont loin, ça va être intense. L’image des premiers franchissements que nous pouvons voir de la route donne la couleur de ce que nous vivrons. Les voyants sont à l’orange, Arnaud et Mathieu(pirannha du 73) tranchent : nous n’irons pas. Il y a trop d’incertitudes ; si nous devons sécuriser chaque obstacle pour un groupe de 8, nous pourrions y passer énormément de temps et sortir à la nuit tombée.

Ça fait partie de l’aventure, renoncer, et je pense que nous avons bien fait, car après nous avons refait notre cinématique, comparé les photos avec les descriptifs, et ce jour-là, il y avait vraiment beaucoup d’eau. Même s’il n’a pas plu l’après-midi, c’est un canyon à faire par jour de très beau temps avec une météo parfaite les jours précédents.

Aucun problème, nous avons un canyon de secours 😉.

Nous partons direction Bënjë. c’est le canyon par excellence tel qu’on l’imagine. Il y a tout ce que l’on pourrait attendre d’un canyon : c’est beau, il y a de l’eau, c’est ludique, ça saute… il en faut peu pour être heureux. À peine sortis, nous mangeons au pied d’une magnifique église. Sur le topo, il était écrit : « Si vous sonnez la cloche, une dame viendra vous ouvrir la porte pour visiter l’église »… j’attends encore. Estelle, en manque, telle une toxico qui n’a pas eu sa dose, est déjà sur le topo canyon pour en trouver un autre afin de finir la journée. C’est décidé, nous irons faire « Babos ». La fatigue est là, le pas commence à être lourd. Déjà qu’il était bourrin en début de semaine pour ma part... Il est mal noté ; le début ressemble à une rando aquatique avec deux ou trois rappels et des mini-sauts. On avance au radar (on n'en pense pas moins). Puis nous arrivons dans la rivière de Lengarice par deux belles cascades, que nous devons remonter à contre-courant durant une heure pour rejoindre la retenue d’eau et l’arrivée. Là, l’ambiance dans l’encaissement fut incroyable, et puis on ressort comme si de rien n’était. On passe de la beauté hostile de la nature à un endroit ultra-chaleureux sous un soleil de fin de journée de printemps, comme si nous avions changé de monde le temps d’une heure et que la nature nous avait régurgités. Belle petite soirée pour préparer le canyon du lendemain.

Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire
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Vendredi, nous ne ferons qu’un canyon, car le soir nous sommes attendus à Lazarat chez un ami d’un ami (encore une histoire incroyable). Nous décidons de faire le canyon de Carcoves. Après une heure de marche d’approche, nous constatons que la rivière est en travaux avec la construction d’un barrage ; il y a aussi des travaux de mise en place de conduites forcées. Nous demandons au gardien : il nous dit que le barrage est en mode automatique et que, s’il y a une défaillance, on subit un lâcher de 800 l/s. C’est très dangereux de s’y aventurer. Gros dilemme dans le groupe ; on tient une petite réunion informelle quand il y a des décisions à prendre. On y va ou on n’y va pas ?

Moi, j’ai eu ma dose de la semaine, il faut savoir s’écouter. Surtout que le gardien nous l’a dit sur un ton sans animosité, ni interdiction : en gros, faites ce que vous voulez. Ce n’est pas grave, on apprend ; on le fera différemment à une autre saison avec moins d’eau. Alors oui, on aurait pu y aller et sûrement qu’il ne se serait rien passé, mais je n’ai pas envie de miser ma réussite sur de la chance, un accident est si vite arrivé. Pourquoi ? Parce qu’on aurait fait le canyon de trop, alors que le lendemain nous devions prendre l’avion et rentabiliser la journée.

Arnaud et Estelle nous dégotent un petit canyon à 1 h 30 de voiture. Pour la plupart, nous avons eu notre dose. Avec Christophe, nous avons conduit toute la semaine ; on a réuni le syndicat des chauffeurs 😉 : ceux qui veulent y aller y vont, nous, on reste. Petite réunion au bord d’une piste : qui veut faire quoi ? Nous serons cinq à attendre les trois qui sont partis pour le dernier canyon(çà fait titre de film mais ce ne fut pas le canyon de l’année).

Et c’est parti, direction la ville de Lazarat pour y rencontrer Ilir, le fils spirituel de Pierre Calfas que nous voyons de temps en temps quand nous allons rendre visite à la jeune équipe des « Rivières Mystérieuses » à Cassis. Le monde est petit et l’histoire est folle : cette histoire est née dans les années 90 après la chute du communisme. Il y a un lien étroit entre la ville de Marseille, les explorateurs de l’époque et le CAF (Club Alpin Français) de Marseille. Ilir, jeune ado polyglotte, était leur guide.

Mais Lazarat n’est pas une petite ville inconnue en Albanie, ni même en Europe. Durant la dictature, ce fut un village de dissidents et d’opposants politiques, Astérix et Obélix n’ont qu’a bien se tenir ; ils ont été brimés durant toute la dictature communiste. À la chute du régime, et seulement à la chute du régime, c’est devenu la capitale européenne de la marijuana. Dans les années 90, personne ne rentrait à Lazarat… sauf le CAF Marseille(hasard ;-)). D’ailleurs, encore aujourd’hui, il n’y a pas de police à Lazarat. Depuis, l’armée albanaise a cassé cette dynamique, mais la population a beaucoup souffert.

Nous sommes très bien reçus, au bon souvenir de la France qu’il avait connue. Il connaît l’étymologie des mots, et cela me marque car, à chaque fois que je voyage et qu’on me parle de la France, de mon nom, du latin… les gens connaissent le sens des mots et leurs origines. Nous devrions être fiers d’avoir cette richesse linguistique. Mais s’ils savaient… nous avons abandonné. Trop de confort, nous sommes américanisés. Notre société individualiste fait que nous ne recherchons plus le sens des mots de peur d’en porter une quelconque responsabilité. Nous sommes lâches, nous avons mis nos œillères, plus de panache : c’est un constat sociétal.

« De temps en temps, un petit électrochoc ne nous fait pas de mal. Il nous dit : "Le canyoning, c’est quoi ? C’est rien, ça ne veut rien dire, c’est un anglicisme. Allons ! Allons ! Tu comprends ? Spéléologie, oui, c’est du grec ancien, qui veut dire étude des cavernes. Allons, Paul ! Il faut faire des choses sérieuses. Quand je regarde le Facebook du CAF de Marseille, regarde, regarde, je te montre : maintenant, ils courent (trail) et nettoient des plages ! Où sont passés les explorateurs ? Si vous revenez, il faut faire des choses sérieuses, aller chercher des cavités." » D’ailleurs notre Piranha du 73 n’a pas osé dire qu’il était DE de canyon, il ne serait pas sorti de la maison vivant 😉.

Toute la famille était présente, nous avons refait les histoires, les aventures et bu le raki traditionnel. L’oncle est parti nous chercher une bouteille de sa collection personnelle, 1,5 l rien que çà, s’il vous plaît, mais nous avons passé la douane sans problème.

Merci à Ilir pour son accueil. Nous reviendrons en Albanie pour faire de vraies expéditions et ne plus marcher dans les rivières… enfin, un peu quand même de temps en temps.

Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire

Il est temps de rentrer, nous n’avions qu’une semaine sur place, du samedi au samedi. Cela nous a permis de faire 9 canyons, 10 pour certains. Il fait bon vivre en Albanie, le temps est arrêté, car les Albanais ont le temps ; il règne une quiétude qui peut être longue par mauvais temps. La météo a été correcte durant notre séjour, ce qui nous a permis de faire pas mal d’activités. Il est sûr que si vous n’êtes pas adeptes de sports de nature, cela peut être long, car il y a très peu de tentations de consommation, voire pas du tout, mais c’est très bien aussi, cela permet de se reconnecter avec l’essentiel. Les Albanais sont débrouillards, tout est possible, il suffit de demander. J’en parlais avec un ami, le trip idéal pour faire l’Albanie, mais pas que, c’est d’aller faire un tour en Grèce, surtout s'il n’y a pas d’objectif sportif.

Par contre, sportivement et au niveau expédition, c’est un pays en devenir, mais d’ici quelques années, nous aurons tout gâché comme partout ; pas nous individuellement, quoique, mais la masse.

Une super équipe de différents horizons. Merci à Arnaud qui y a laissé beaucoup d’énergie, qui a poncé les cartes comme à son habitude pour améliorer les topos et alimenter son application TOPO CANYON. Je n’ai pas trop cité Pascal et Christophe. Pascal, qui a transporté durant tout le séjour sa corde de 100 m d’à peine 3,5 kg : à ce poids-là, c’est un plaisir de la porter : « Je peux la sortir ? — NON, désolé !!! » Et Christophe, le deuxième chauffeur du séjour, l’ancien du groupe qui est toujours au taquet : il s’adapte, il est solide dans l’eau, solide en voyage, une valeur sûre.

Sinon, voici ce que coûte un voyage en Albanie pour 8 personnes. Ce montant est représentatif d’un groupe hétérogène aux habitudes variées, allant des plus économes aux plus dépensiers. Ce n'est pas une personne qui a payé pour tout le monde : les dépenses ont été partagées à tour de rôle. Le point d’amélioration est la location de voiture : quoi qu’il arrive, il faut au minimum une voiture avec 4 roues motrices. Même si c’est pour flâner en Albanie, les routes peuvent être mauvaises.

Pas besoin de s’emmerder à retirer des Lekk (monnaie local), on paye en carte ou en liquides en euros. Ils préfèrent prendre les euros, c’est plus simple pour tout le monde. Sur plusieurs blogs de voyageur, ils parlaient d’une banque qui ne prenait pas de commission pour retirer en lekk et bien c’est faux. Ne pas s’emmerder, il faut prendre des euros.

Plus de barrière de la langue, soit ils parlent couramment anglais, italien, soit pas du tout, mais il y a google translate, l’IA….

 

Paul 

 

 

 

Total des dépenses par catégorie

Catégorie

Détails

Montant Total

Transport

Loc voitures, Essence, Péages, Parking, Navette

1 382,15 €

Logement

Loc Maison, Hôtel, Logement nuits

594,00 €

Activités/Divers

2 Assurances voiture (2 x 315€) + Livre Canyon

659,89 €

Alimentation

Courses, Fruits, Pain

518,66 €

Restauration

Restos, Bars, Dîners, Café

170,00 €

TOTAL GÉNÉRAL

 

3324,70 €

Votre coût total : 650 €

Ce montant se décompose comme suit :

  • Billet d'avion (individuel) : 231 €
  • Votre part des dépenses de groupe : 415 €

 

Albanie 2026 : entre rivières sauvages et poids de l'histoire
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Publié le par gasclub83

Les « galamaouds » s’acharnent au fond des deux puits, fidèles à leur légende. Bilan : sortie d’un seau (légende locale de la désobstruction 😉).

À la recherche de la rivière Mystérieuse

Samedi 4 avril, nous sommes allés rejoindre l’équipe spéléo de l’association « Les Rivières Mystérieuses » à Cassis. C’est l’idée folle de quelques aventuriers qui ont décidé d’aller rejoindre la rivière de Port-Miou par la terre. L’histoire est incroyable, il faut aller potasser leur site internet : https://www.rivieresmysterieuses.org/. Et n’allez pas les prendre pour des fous (un peu quand même) : dans l’équipe, il y a de tout : géologue, ingénieur des Ponts et Chaussées, légendes de la plongée souterraine et j’en passe… cuisinier, écrivain pour midinettes seniors et moins si affinités…

Après moult reports à cause de la météo, nous voici enfin sur place afin de participer à une histoire folle comme on n’en connaîtra plus dans quelques années. Malgré l’esprit vif de tous ces septuagénaires ou octogénaires, ils ne sont pas éternels ; si le flambeau n’est pas repris, le lieu risque de dépérir. Mais ne soyons pas pessimistes, la vie est bien plus forte : ce sont nos cerveaux d’humains limités qui nous font penser cela. Quand, dans 30 ans, on cherchera de l’eau, on sera bien contents de creuser et on dira : « Ils avaient raison, ces cons ». Nous sommes des passagers de la vie : nous plantons des graines dont, pour la plupart, nous ne verrons pas les fruits.

On sent que l’organisation est bien rodée, chaque chose est à sa place. Et puis, il y a de gros moyens car nous allons chercher l’eau qui alimentera Marseille et la région dans 20 ou 30 ans : groupe électrogène, éclairages, radios, ventilation (car le trou contient beaucoup de C02). Avec mon empressement inhabituel 😉, je sens que j’agace un peu : « La corde entre les deux piquets… en double… VOILÀ… ». Un qui a très bien compris cela, c’est Philippe, alias Filou*. Il a caressé les chiens toute la matinée : pas d’emmerdes.

Définition de "filou" dans le dictionnaire : désigne quelqu'un de malicieux, de rusé… (on n’en dira pas plus, on s’est compris 😉).

C’était la première fois qu’il venait avec nous. On a compris le surnom amical, mais le karma se chargera de rééquilibrer les choses plus tard.

Filou en train de donner un coup de main…. aux chiens

Filou en train de donner un coup de main…. aux chiens

On se prépare tranquillement ; de toute manière, on ne peut pas descendre tant que le CO2 n’est pas en partie évacué. Les détecteurs ne bippent plus, nous suivons Marc et Jean-Pierre. Christophe est en tête, il veut en découdre : « Aujourd’hui, nous faisons la jonction ! ». Et puis il est pressé : ce soir, il doit rejoindre une équipe pour aller faire un "super trou" sur le plateau d’Albion…

Nous nous répartissons dans les deux puits. Avec Jean-Pierre, nous procédons à une coloration avec le mot de code «c’est le jaune pour l’apéro »(car le bidon est jaune et doit faire dans les 30l). Dans l’autre trou, on entend forer, taper, désobstruer ; nous faisons la même chose de notre côté. Filou vient nous prêter main-forte, puis décide de remonter. Au loin, on entend une voix lointaine : « Il y a quelqu’un sur le palier ? ». Puis elle répète un peu plus fort : « Il y a quelqu’un sur le palier qui peut venir me donner un coup de main ??!!! ». Filou répond d'une voix en mode "si tu ne m'entends pas, c'est pas mal" : « Ouiiiii… », le "oui" qui veut dire « Tu es sûr ? » en espérant que l’autre lui dise « C’est bon, je me débrouille, tu peux remonter ». Et bien non, Paulo lui dit : « DESCENDS !!!! Oui, dans le trou, il faut gratter la terre et remplir les seaux ». Et à ce moment-là, j’ai vu dans les yeux de Filou, derrière les lunettes embuées, une fissure. Les chiens allaient attendre… Mec, je ne peux pas t’aider : « Chacun sa merde ».

Il est 13 h. Ça braille dans la radio que nous sommes en train de rater l’apéro. Tant pis pour nous, quelques blagues potaches. Je reste au palier pour faire remonter tout le monde ; les plus jeunes remontent au treuil. En haut, Estelle, Arnaud, Noha et Melina nous ont rejoints pour l’ouverture des hostilités.

À la recherche de la rivière MystérieuseÀ la recherche de la rivière Mystérieuse
À la recherche de la rivière MystérieuseÀ la recherche de la rivière MystérieuseÀ la recherche de la rivière Mystérieuse

Là, le gueuleton, c’est sérieux : personne ne mourra de faim ni de soif ce jour-là. Il était même difficile de trouver de l’eau. « C’est de l’eau, ça ?!!!  Non, de la vodka. Et ça ?  Non, c’est de la poire ». On a du Ricard mais on n’a pas d’eau. Et puis là, un compagnon d’aventure nous sort une petite gourde en verre de 50 cl d’eau. L’eau est précieuse, point trop n’en faut, le comble alors que nous en cherchons ! Un repas à la Astérix et Obélix : saucisson de sanglier maison, pois chiches, une tarte succulente au reblochon d’Arnaud, du fromage, du vin à profusion, un super gâteau d’Estelle, des chocolats, de la pizza, des shots de vodka, de la prune, de l’eau-de-vie… Bref, après cela, nous repartons en canyon au « Trou Souffleur » à La Ciotat.

À la recherche de la rivière Mystérieuse
À la recherche de la rivière Mystérieuse
À la recherche de la rivière Mystérieuse

Il est 14 h 64 (sic), nous décidons de filer à l’anglaise. On aide à peine à ranger et nous partons pour ne pas arriver trop tard au canyon. 14 h 98 (sic), nous arrivons sur le parking. Filou n’est pas venu et Christophe râle : « Je ne sais pas si je vais venir, j’ai de la route à faire ». Une fois devant le canyon : « Je ne sais pas si je vais venir, j’ai de la route à faire ». Une fois dans le canyon : « Putain, ça fait chier, j’ai de la route à faire…mais c’est joli ». À la fin du canyon : « Cette fois j’y vais, j’ai de la route à faire… ». Ça, c’est une masterclass de mental. En même temps, il savait que le canyon était pas mal et qu’on allait aller vite.

À la recherche de la rivière MystérieuseÀ la recherche de la rivière MystérieuseÀ la recherche de la rivière Mystérieuse
À la recherche de la rivière MystérieuseÀ la recherche de la rivière Mystérieuse

Ce canyon est un mix entre randonnée et descente. Il est très beau : marcher à fleur d’eau dans le poudingue du Bec de l’Aigle est très sympa. Il nous a fallu deux heures, marche d’approche et retour compris. Court, mais ludique, avec une petite tyrolienne sur la fin.

Nous finirons la journée dans la calanque de Figuerolles autour... d’une bière.

Paul

À la recherche de la rivière Mystérieuse

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Publié le par Franck

1er canyon de la saison.

On voulait le parcourir depuis longtemps et puis ce dimanche Laure réussi à nous y traîner ! 

Il a pas mal plu la semaine d'avant, mais il fait super beau. On n'est pas très enthousiaste, pourtant en arrivant sur place on est agréablement surpris : ça coule !

Quelques cascades dans un bel environnement, pas mal de marche en rivière, et une eau très froide qui c'est sûr, est sortie de sous terre il y a peu ...


Bref, de quoi passer un bon dimanche pas loin de la maison.

 

Canyon du Gaudin à la Sainte Baume
Canyon du Gaudin à la Sainte Baume
Canyon du Gaudin à la Sainte Baume
Canyon du Gaudin à la Sainte Baume
Canyon du Gaudin à la Sainte Baume
Canyon du Gaudin à la Sainte Baume

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Publié le par gasclub83

Dimanche 1er mars, je propose une sortie canyon dans les gorges du Destel. Je m’étais dit qu’avec les pluies des derniers temps, il y aurait un peu d’eau. Je lis les descriptifs sur Descente-Canyon et je vois : « sec, sec, sec, toute l’année… sauf une fois ». Espérons qu’il y ait un peu d’eau.

Interprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du Destel

Pour l’occasion, j’ai sorti mon plus beau shorty pour ne pas avoir trop chaud dans l’eau. Christophe me rejoint et, sur le ton de l’exclamation, me dit : « Tu vas où comme ça ? Il n’y a pas d’eau, moi j’y vais en tenue de randonnée… » Je lui rétorque qu’avec les pluies des derniers jours, il y aurait sûrement de l’eau. On se met le doute mutuellement ; on verra qui a raison.

Puis, j’avais fait une petite erreur dans le choix du canyon. Je n’avais pas tout lu ; dans mon cerveau, je m’étais limité à : canyon, vasques, Destel… et basta. Sauf qu’il y a celui de Saint-Martin juste à côté qui est bien plus sympa. Aucun problème, nous choisissons un sens pour faire les deux : en premier Saint-Martin et ensuite, si on a le temps, on fera le Destel.

On arrive dans le canyon et pas une goutte d’eau. Il faut y être le jour de crue et basta. J’étais comme un con en shorty avec mes chaussures de canyon, prêt à en découdre. Le but de cette sortie était de travailler l’équipement et les mains courantes ; il est bien broché. Nous avons pris notre temps, nous avons travaillé tous les petits exercices. Il y a quand même de belles verticales, la plus grande fait 30 m avec un relais au milieu. C’est un endroit très beau, une autre facette de la région à découvrir. Il est noté à 1,4 sur 5, mais il est très agréable ; le soleil nous a suivis tout l’après-midi. C’est un canyon à faire en hiver.

Interprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du DestelInterprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du Destel
Interprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du DestelInterprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du Destel

Sur la dernière verticale, nous rejoignons le CAF Toulon qui était en initiation. Bon, on arrive en bas, on avait encore du temps, on décide d’aller faire le canyon du Destel. Là aussi, j’avais lu en diagonale : remonter le canyon et le redescendre. Sauf qu’il y avait un chemin qui bordait le canyon pour remonter normalement.

Christophe était heureux, il adore quand on fait les choses comme c’est écrit dans le manuel. Qui remonte un canyon ? Quand j’avais lu en diagonale, j’avais lu que chaque vasque pouvait être remontée. Il y a des choses que je prends au mot et d’autres non. Donc c’est parti pour un canyon inversé, au plus grand bonheur de Christophe. Ça se mérite, un canyon inversé, mais il était bien équipé : des petites voies d’escalade, on pose des mains courantes, on s’auto-assure mutuellement comme en escalade, parce qu'on a fait de l'escalade. Dans certaines vasques, il y avait un peu d’eau croupie ; personne n’avait envie de sauter dedans. Il y a de vieilles mains courantes toujours en place ; c’est solide, une corde. À côté, dans le petit Saint-Cassien, elles sont neuves, mais ça fait le taf.

On sort des vasques, on regarde sur la carte : pas d’échappatoire, il faut remonter la rivière jusqu’au Broussan qui est à 1 km. Ça nous aurait fait encore une heure de marche. Et là, je rentre dans mon domaine préféré en randonnée : les « raccourcis ». Je vois un semblant de chemin qui ressemblait à un chemin, mais je savais que c’était un sentier de sanglier. Tant bien que mal, nous nous faufilons dans la pente raide et nous sortîmes 20 min plus tard sur la route. Très beau raccourci.

Interprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du DestelInterprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du Destel
Interprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du DestelInterprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du Destel
Interprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du DestelInterprétation et application à peu près stricte du manuel de canyoning dans les gorges du Destel

Nous finirons la journée autour de la traditionnelle bière au cul de la voiture. Une superbe après-midi, où l'on a fait un grand panel d’un peu tout : du canyon, de la technique de corde, de la grimpe et un peu d’orientation.

Paul alias Jean-Michel Apeuprè !!! 

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Publié le par gasclub83
"Tel ce pieu fiché, constante et ferme je resterai"

"Tel ce pieu fiché, constante et ferme je resterai"

Après une succession de loupés dans les dates de rdv divers, liées à mon esprit ailleurs ces derniers temps, je me retrouve avec un jour de congé, posé, pour rien.

Pour rien, jusqu’à ce que mon baudrier, neuf, me rappelle à son bon souvenir.

Je me rapproche alors de Paul en lui demandant tout innocemment :

  • « Tu fais quoi vendredi ? J’ai posé ma journée. »
  • « Le matin j’ai une course à faire mais on peut faire un truc en fonction du temps.

Une sortie spéléo en verticale. Je vais regarder, un truc simple et sympa »

Aucune question, une proposition, et l’Aven des Jaumes est choisi.

 Je vérifie mon matériel rutilant, brillant d’inutilisation, qui, je pense, est dans le même état de hâte que moi !

C’était sans compter mon esprit vagabond, j’ai omis de prendre mon harnais ainsi que mes chaussures (oublié dans la voiture… )…. Paul m’a prêté le sien et j’ai utilisé mes chaussures de randonnées qui au final sont parfaite pour la spéléo… tous ces oublis me font me dire que je traîne peut-être trop avec Mr Tainton !! (il faut toujours trouver un coupable à sa mauvaise foi)

Arrivés devant l’entrée Paul me propose de faire un petit récap, il met une corde autour d’un arbre nous simulons une descente ainsi qu’un fractio.

J’ai fait un petit nombre de grotte mais ce petit exercice m’a conforté dans ce que je savais déjà et a renforcé ma confiance.

Il y a des moments où pour une raison x et y nous nous perdons dans le doute, le questionnement la perte de confiance en soi et dans les autres. Ou nous peinons à trouver notre place convaincue malgré tout de notre valeur mais invisibles à des yeux tiers.

Comme dirai à juste titre Paul, les autres on s’en fout.

Sartre disait : « l’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous ».

Conclusion je sais ce que je fais de moi et ce que je fais de ce qu’on a fait de moi, rien, puisque je resterai fidèle à ma voie. Et que chacun trace sa route.

Nous descendons, les odeurs de la terre mouillée m’enveloppent à nouveau, l’humidité, l’obscurité et ce silence bienveillant qui fait de chaque exploration un moment particulier.

Le premier fractio est passé sans embuche, je traine un peu pour descendre m’accordant un moment à admirer la roche dessinée par l’eau les concrétions, les méduses en cathédrales, les fistuleuses et leur petit diamant (goutte d’eau mais j’aime beaucoup les diamants…) et je sens qu’un sourire me colle la grappe depuis le départ !

À la conquête de l'Aven des Jaumes : "Appelez-moi Jeanne la Hachette"À la conquête de l'Aven des Jaumes : "Appelez-moi Jeanne la Hachette"

Nous nous mettons des petits points de repère, les mousquetons du petit poucet, et continuons notre avancée, je vois des gours et comme une petite chapelle, de l’eau tombe par endroit mais sans excès. Nous éteignons un moment nos lampe et plénitude complète.

Nous amorçons le retour je monte aisément, mon équipement est vraiment idéal, arrive le fractio où j’entrelace les cordes, je m’en rends compte avant de remonter rectifie le tir et fichtre je ne parviens pas à remonter …. La longe … j’ai oublié d’enlever la longe …

Et voilà la sortie. Les arbres sont encore bien trempés et fragilisés, lorsque Paul me dit regarde tu as une épée naturelle, en effet un morceau de bois c’était coincé dans mon pantin je lui réponds alors que je descends des templiers et que probablement nous sommes passés à côté du Graal, il faut redescendre… Une prochaine fois ! Va pour la prochaine foi « non recedimus ! »

Je suis contente d’avoir repris après tant d’absence sous terre.

Je suis contente d’avoir repris avec Paul et je le remercie pour cet accompagnement sous terre :  sa bienveillance, sa maitrise du matériel, son empathie, sa confiance qui ont rendu cette exploration salvatrice.

En retournant vers la voiture nous avons eu le temps de refaire le monde et ça aussi ça n’a pas de prix.

Merci

Marie

ne pas oublier d'éteindre la lumière en sortant. ne pas oublier d'éteindre la lumière en sortant. ne pas oublier d'éteindre la lumière en sortant.

ne pas oublier d'éteindre la lumière en sortant.

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historique et presentation

Au départ, 4 copains de Carqueiranne qui pratique la spéléo depuis l’âge de 15 ans.

Nous nous rapprochons vite du SCS (Spéléo Club de Sanary), club très structuré où la famille Clément nous accueille à bras ouverts. Pendant 4 ans, Hervé Tainton, président du club va nous entraîner sur de nombreux massifs calcaires dans des aventures plus rocambolesques les unes que les autres.

Petit à petit, nous faisons découvrir notre passion à d’autres amis de notre commune. En 1983, nous décidons de nous émanciper en créant un club à Carqueiranne. Etant tous motards, nous avons fait en sorte que les initiales du nom fassent GAS, le G étant tiré d’une vieille légende provençale.

 

Depuis le début, le club est affilié à la FFS (Fédération Française de Spéléologie) avec une forte implication dans la vie et les actions fédérales.

Par ailleurs, il a un agrément « Jeunesse et sports » et est membre du CDS 83 (Comité Départemental de Spéléo).

Son fonctionnement est totalement basé sur le bénévolat. Les anciens initient et forment les nouveaux qui à leur tour deviennent encadrant.

Actuellement, il est partenaire actif de l’EDSC 83 (école départementale de spéléo et de canyon) et est engagé auprès du SSF 83 (spéléo secours) pour diverses missions spécialisées.

Il dispose d’un matériel collectif conséquent qui permet de pratiquer la spéléologie sportive ou d’exploration, le canyoning, l’escalade et la randonnée engagée.

 

Deux bulletins retraçant nos aventures de 1983 à 1997 ont été édités par Alain Kilian et sont disponibles ci dessous, ainsi que tous les comptes-rendus annuels d’activités depuis 2005.

 

Comptes rendus annuels

 

Toutes les vidéos sont à retrouver sur le lien :

 

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Quelques articles de presse :

 

Articles

 

COMPOSITION DU BUREAU

 

Présidente : Laure Mattéoli

Vice présidente : Carine Fourcade

Trésorier : Franck Prévost

Secrétaire : Laurent Kilian

Secrétaire adjointe : Zette Mattéoli

 

Adresse postale : 79 rue Jean Jaurès, 83320 Carqueiranne

Tel : 06 09 09 28 12

Mail : contact@speleogas.org

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