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GALAMAOUD ASSOCIATION SPELEO

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Actualités du club spéléo de Carqueiranne

Publié le par gasclub83
Ne vous fiez pas aux apparences, c'était la photo grimace!

Ne vous fiez pas aux apparences, c'était la photo grimace!

« T’es qui toi ? »


J’ai tellement de chance de pouvoir me mouvoir comme j’en ai envie. Alors oui, lorsqu’on n’a connu que ça, le handicap, c’est la normalité et on s’en accommode. Cette maxime rassure tout le monde et puis, que pouvons-nous faire ? Mais putain, c’est une putain de galère, pour eux et pour leur famille. Quand je vois leur regard, qui n'est parfois que le seul moyen de communication, j’y vois de l’impuissance, une rage, cette envie de communiquer, d’exprimer quelque chose… mais leur cerveau en a décidé autrement.


Ce regard qui te dit : « J’essaie mais je n’y arrive pas, ne me juge pas. » Dans ce cas, je peux dire que je n’ai pas eu de chance. C’est ça, ne pas avoir de chance : parce que je vais en baver plus que les autres toute une vie. Je devrais avoir une place au milieu de la cité, être intégré. Mais non, je suis caché, mis à part. Ma différence fait qu’on a peur de moi ; ce côté imparfait est à l’opposé des mirages sociétaux.

Déjà qu’on a peur de nous, on pense en plus que nous sommes fragiles. On ne veut pas me sortir parce que les gens pensent que je suis fragile, et puis nous vivons dans une société où l'on nous parle en permanence de responsabilité. D’un côté, on nous vend l’émancipation à outrance : il faut construire, il faut ceci, il faut cela ; mais quand il faut prendre une responsabilité, il n’y a plus personne.
Éric, Antoine, Jean-Claude, Jean-François, Nicolas, Benjamin et Rudy ont un « petit truc en plus » et sont motivés comme jamais. Aujourd’hui, nous allons les emmener faire de la spéléologie.


Éric, fier comme un coq, ne s’est toujours pas remis de son vol en parapente. Il bat des bras à chaque fois qu’il entend le mot parapente : « J’ai volé comme un oiseau ». Bien qu’il soit très motivé, il n'est pas téméraire pour un sou et aime bien faire passer ses camarades devant : « On ne sait jamais ».


Antoine, c’est un ancien, la cinquantaine passée. Pas de parole, mais dans son regard se mêlait la peur de l’inconnu, et à certains moments, il aurait aimé me dire avec son regard noir : « Paul, ça va cinq minutes, c’est bientôt fini, j’en ai marre. »


Jean-Claude, la cinquantaine passée aussi, c’est l’enfant du pays : « Je suis d’ici ». Je suis très content que nous puissions l’emmener dans une grotte, chez lui. La force tranquille et la sagesse des gens de son âge, le regard tendre, il était émerveillé.


Jean-François, le doyen de la sortie, était comme un coq en pâte. Un peu lent dans ses déplacements mais malin comme un singe, je le soupçonne d’avoir ralenti pour que Marie et Sophie lui donnent la main. Il a vécu sa meilleure vie avec son assistance cinq étoiles. Quand Honoré a pris le relais, le rythme s’est accéléré… mouais, mouais.


Nicolas, c’était notre Diable de Tasmanie : « Non c’est bon, je vais y arriver tout seul », « J’ai soif… Monsieur, tu as un Kinder ? ». Il répond oui à tout. Au retour, il avait faim : plus de problème pour descendre les marches. Comme quoi, la faim, ça aide.


Benjamin, c’était notre bébé ours : même carrure, mais avec le caractère de Winnie l'ourson. Il supporte deux équipes, l’OM et le RCT, et il en est fier. Aucun problème sous terre. De temps en temps, il faut lui donner la main. À l’image du supporter de l’OM, on ne peut avoir que de l’empathie envers ces gens-là (les supporters de l’OM, c’est valable aussi pour Bastia !).


Rudy était le plus jeune, 25 ans, sapé comme jamais. C’était notre petite « chochotte », ça râlait gentiment derrière, à l’image des jeunes de son âge. Mais il s’est débrouillé d’une manière remarquable. Il avait hâte d’aller retrouver sa chérie.


Le petit truc en plus, c’est qu’ils ont un regard qui ne trompe pas. À chaque moment, on sait où on en est. Et le fait de les sortir de leur centre, qu’on s’intéresse à eux, leurs yeux brillent… et ça, ça n’a pas de prix.


 Alessandro, le fils de Marie, 18 ans, futur spéléologue, a la fougue de sa jeunesse et ne craint rien, malgré quelques doutes passagers. Je lui donne ses consignes d’encadrant : "Alessandro, je veux que tu sois au milieu du groupe. Tu assures la liaison et tu me préviens si le rythme ralentit derrière. Garde un œil sur Antoine : dans les passages étroits, tu lui donnes la main." Il n’a pas hésité. Il a rempli sa mission de manière remarquable, proactif et présent sur tous les fronts.


Un clin d’œil à Sophie et Élodie, les deux éducatrices qui se démènent avec peu de moyens, mais qui croient en ces personnes et trouvent chaque jour des solutions pour les sortir de leur isolement.

Sans oublier les spéléos : Marie, qui a été d’une aide précieuse, et Honoré, qui nous a accueillis remarquablement sur son terrain. Honoré nous a aidés durant toute la sortie et nous a transmis ses connaissances sur la cavité. C'est un professionnel passionné ; n’hésitez pas à solliciter sa structure pour une excursion souterraine (06 15 19 61 03).


La cavité de la "Foux de Sainte-Anne" est célèbre dans la région. Résurgence de plusieurs rivières, elle a alimenté les villages alentours en eau, servi d’abri durant la Seconde Guerre mondiale et initié, sans le savoir, des générations de jeunes locaux à la spéléologie. Elle fait partie intégrante du patrimoine et de la mémoire collective locale, avec son lot d'histoires et de légendes.


Ce fut une belle journée. Nous sommes allés aussi loin que les capacités du groupe le permettaient, sur cette ligne subtile entre engagement et plaisir. Mon ressenti rejoint celui d’Honoré : atteindre le puits de lumière peut sembler modeste pour un spéléologue averti, mais c’est une étape extraordinaire pour des personnes en situation de handicap moteur. C’était une sortie d’accoutumance et d’évaluation ; le groupe est solide, la prochaine fois, nous irons au fond.


Alors qu’il ne me connaissait pas, Honoré est venu me voir pour me demander, avec une franchise bienveillante : "Mais au fait, t’es qui toi ?" Un nom inconnu dans le monde spéléo qui amène des personnes souffrant de handicaps mentaux et moteurs sous terre.


Je suis un électron libre. J’ai du temps et organiser ce genre de sortie est facile. Aujourd’hui, c’est la spéléologie, demain ce sera autre chose. Je ne suis qu’un passager ; c’était simplement l’opportunité d’offrir cette expérience souterraine. Nous répétons souvent les mêmes gestes chaque week-end, parfois sans saveur ; l’extraordinaire est ponctuel, et ce genre de sortie en est l'essence même. 

Paul

 

"T'es qui toi ?": Quand le monde souterrain gomme le handicap
"T'es qui toi ?": Quand le monde souterrain gomme le handicap
"T'es qui toi ?": Quand le monde souterrain gomme le handicap
"T'es qui toi ?": Quand le monde souterrain gomme le handicap
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Publié le par gasclub83

« A la descente, çà descend plutot bien…à la remontée, c’est différent… »

Dimanche, avec Arnaud et Estelle, nous sommes allés faire l’Aven du Cercueil. On propose au club, petit clin d’œil à Justine qui aurait adoré venir avec nous mais qui a eu un empêchement. La spéléologie est un sport très exigeant dans la technique, mais surtout mentalement. Il y a des étapes à franchir, des petits déclics à déverrouiller. D’ailleurs, j’ai plusieurs fois renoncé dans des cavités basiques, tant la mobilisation des facultés humaines y est intense. L’Aven du Cercueil demande un peu de maturité dans la pratique. Elle n’est pas extrême comme on le raconte à longueur de récits, mais elle demande de la technique et du sang-froid.

Je mesure 1m72 pour 77kg, pas le gabarit idéal pour les étroitures, mais j’ai la caisse. Petite préparation mentale : visualisation de la topo, lecture des récits, j’écoute les personnes du club pour me faire une idée. Je me dis qu’il y a des armoires à glaces qui sont passées, une commode ça passera aussi. Ça reste une grotte intime mais pas infâme. Il y a quand même du passage, mais peu 😉. L’infâme, ça a dû être pour les découvreurs : « Qui veut y aller en premier ???!!!! vas-y toi en premier !!! » Et depuis, certains passages ont été élargis.

Je prépare mon matériel aux petits oignons. Je me fabrique une pédale plus longue (pas assez) pour passer les étroitures, il me manquait 10cm pour être confort (chaque cm comptent), En extension maximale, la poignée arrivait juste au niveau de ma cage thoracique. Le contact roche/poignée/cage thoracique n'était vraiment pas confortable mais on apprend. Je fais un système avec du caoutchouc pour raidir la boucle de ma pédale afin qu’elle reste ouverte pour que je puisse la récupérer si je la perds en montant (ça marchera moyennement 😉). J’ajuste mon matériel, je shatertonne tout ce qui dépasse, je récupère mes vieux gants un peu troués mais qui me vont parfaitement, couverture de survie dans les bottes, matériel au strict minimum à l’extérieur. Je peux sortir ça de ma tête et me concentrer sur autre chose. Je n’ai pas de peur, mais je suis concentré. Mon matériel est prêt, j’étais prêt pour l’infâme… qui n’arrivera pas. Et puis avec Arnaud et Estelle, c’est du solide sous terre, j’y vais les yeux fermés.

On se fait un petit briefing à l’entrée de la grotte. Je pose mes dernières questions techniques pour dissiper tout doute de ma part. Arnaud équipe, je passe en deux et Estelle ferme la marche. C’est une cavité assez glissante. On descend très bien avec les kits. D’habitude, on est à l’économie de matos, les fractios sont placés au plus juste. Là, on avait des beaux cols de cygnes bien confortables. Bon, on a quand même eu un traditionnel fractio tendu et un passage de nœud… mais facile. L’équipement n’était pas évident, les chevilles d'amarrages  sont vieillissantes. D’ailleurs, à la remontée, il y aura une plaquette qui lâchera, pas de vis usé. Nous l'avons rebouché pour éviter que ça arrive à d’autres.

Il y a trois étroitures assez nettes, deux entre -30 et -70m, ça devient intime, et une dernière à -110m. À la descente, j’ai plus galéré sur les deux premières, et à la remontée, ce fut le contraire. Le plus chiant, c’est de savoir dans quel sens tu te mets pour la passer. En gros, c’est descendeur sur la longe, tu places ton matos, un bras en haut, un bras en bas, la tête sur le côté et tu te laisses glisser. Ça ne dure pas longtemps, 2-3 mètres, ça frottille.

Franck m’avait dit : « Il y en a une, si tu te présentes mal, tu la bouches comme un bouchon… » J’arrive au fond sans rien boucher, confiant, alors qu’à la remontée, j’allais vivre ce que vivait un bouchon quand on rebouche une bouteille de vin.

Nous arrivons au fond dans une galerie avec de grands volumes, des concrétions de partout, des beaux petits gours, une belle coulée stalagmitique ornées de paillettes qui brille de mille feux… c’est vraiment magnifique. Nous prenons le temps de nous émerveiller dans la galerie qui fait partie des plus belles et des plus préservées du Var. On se pose la question de passer la voûte mouillante, mais vu les pluies des derniers jours, l’eau était haute. Ça sera pour la prochaine fois (ça, c’est mon excuse, mais j’avais surtout un sacré morceau à remonter).

Aven du Cercueil
Aven du Cercueil
Aven du Cercueil
Aven du Cercueil
Aven du Cercueil
Aven du Cercueil

C’est parti pour la remontée, Estelle devant, moi toujours en deux et Arnaud qui déséquipe. On arrive à la première étroiture, celle que je pensais passer normalement, car visuellement ça paraissait être la plus facile, et bien, je la bouche comme un bouchon…

Estelle : « Paul, utilise ton pantin, cm par cm… »

Moi : « Ça tombe bien, il vient de se décrocher… » (Et pourtant, dans ma tête : le pantin bien le long de la corde pour ne pas qu’il se décroche…)

Ma poignée, encore un peu courte, cm par cm, je dégage un bras, Estelle me donne la main, je gagne un cm, je passe l’autre bras et c’est gagné. Je la regarde (l’étroiture) et je me dis : comment j’ai fait ? Ça me parait plutôt « large ». À l’aller, je l’ai bien passée, dans l’axe de descente. En plus, c’est celle qui paraissait la moins infâme. Je ne sais pas, il doit y avoir un grip anti retour à la remontée 😉.

On continue à remonter, beau travail d’équipe. Je reproduis ce que fait Estelle par mimétisme, on se passe les kits. Hormis la première étroiture, les autres sont bien passées alors que visuellement elles étaient bien plus inhospitalières (je n’ai pas pris le temps de prendre des photos, j’étais concentré sur autre chose, et puis il faut le vivre, c’est dur de représenter sur une photo la difficulté réelle).

On continue notre remontée. On ne peut pas dire que les puits soient étroits, mais resserrés (j’arrive à remettre mon pantin aisément 😉). Et là, il m’arrive le pire truc de la sortie(en fait non) : la longe du kit qui se coince dans mon pantin. Comment ça peut arriver ???!!!! Même lui s’y met !!!! (Alors que tu passes toute la remontée à regarder ton kit voir s’il est bien placé, et là, il te fait ça. NON !!!!) Bien sûr, ça n’arrive jamais quand tu es dans un super puit bien large. Non, c’est quand tu es au milieu d’un resserrement, que ta tête est déjà à 90° et que tu as un débattement de 20° de chaque côté et que tu es obligé de tout faire au toucher. Bon, rien de fou, tout est très vite rentré dans l’ordre, mais c’est bien chiant.

Nous sortons après un peu moins de 5h sous terre, la philosophie c’est de rester en mouvement, de maintenir un effort constant pour ne pas se refroidir. Place au pique-nique et à la bière de Noël. Nous nous sommes régalés, c’était très beau. Ça n’a été facile pour personne, surtout quant à certains endroits l’unité de déplacement est le cm. C’est une cavité qui demande une bonne caisse. Je suis très content, j’ai passé un cap en spéléo et puis le plus important, c’est qu’on ait partagé un bon moment avec les copains du club.

Paul

un peu marqué à la sortie, une bonne fatigue.

un peu marqué à la sortie, une bonne fatigue.

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LA CHAUGAS

 

 

 

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historique et presentation

Au départ, 4 copains de Carqueiranne qui pratique la spéléo depuis l’âge de 15 ans.

Nous nous rapprochons vite du SCS (Spéléo Club de Sanary), club très structuré où la famille Clément nous accueille à bras ouverts. Pendant 4 ans, Hervé Tainton, président du club va nous entraîner sur de nombreux massifs calcaires dans des aventures plus rocambolesques les unes que les autres.

Petit à petit, nous faisons découvrir notre passion à d’autres amis de notre commune. En 1983, nous décidons de nous émanciper en créant un club à Carqueiranne. Etant tous motards, nous avons fait en sorte que les initiales du nom fassent GAS, le G étant tiré d’une vieille légende provençale.

 

Depuis le début, le club est affilié à la FFS (Fédération Française de Spéléologie) avec une forte implication dans la vie et les actions fédérales.

Par ailleurs, il a un agrément « Jeunesse et sports » et est membre du CDS 83 (Comité Départemental de Spéléo).

Son fonctionnement est totalement basé sur le bénévolat. Les anciens initient et forment les nouveaux qui à leur tour deviennent encadrant.

Actuellement, il est partenaire actif de l’EDSC 83 (école départementale de spéléo et de canyon) et est engagé auprès du SSF 83 (spéléo secours) pour diverses missions spécialisées.

Il dispose d’un matériel collectif conséquent qui permet de pratiquer la spéléologie sportive ou d’exploration, le canyoning, l’escalade et la randonnée engagée.

 

Deux bulletins retraçant nos aventures de 1983 à 1997 ont été édités par Alain Kilian et sont disponibles ci dessous, ainsi que tous les comptes-rendus annuels d’activités depuis 2005.

 

Comptes rendus annuels

 

Toutes les vidéos sont à retrouver sur le lien :

 

Vidéos

 

Quelques articles de presse :

 

Articles

 

COMPOSITION DU BUREAU

 

Présidente : Laure Mattéoli

Vice présidente : Carine Fourcade

Trésorier : Franck Prévost

Secrétaire : Laurent Kilian

Secrétaire adjointe : Zette Mattéoli

 

Adresse postale : 79 rue Jean Jaurès, 83320 Carqueiranne

Tel : 06 09 09 28 12

Mail : contact@speleogas.org

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