Chant lyrique, musculation du périnée, bonne bouffe et canyoning.
Weekend canyoning dans le 06, exceptionnel pour ses paysages et ses rencontres : Nous sommes allés à la découverte de notre périnée pour découvrir sa voix et mieux chanter grâce à une professeure de chant lyrique… Et sinon : "Vous avez du poulpe ???"… Le weekend fut court mais l’histoire vaut le détour. » Accessoirement, nous avons fait deux canyons.
De fil en aiguille, le weekend se monte. Le choix se portera sur la vallée de l’Estéron, ses très beaux canyons d’un calcaire lumineux et ses vasques d’un bleu limpide. Il y a eu des orages dans la semaine, nous regardons les débits avec attention. Rien de tel pour avoir la météo du coin que d’appeler le bar du village (valeur sûre). « Les gars, vous ne me croirez jamais, y’a un con qui m’a appelé pour me demander s’il y avait eu de l’orage… et après on dit qu’on picole, pfff, j’te jure, fin juin, les champions sont déjà là, l’été va être long les gars, ils sont là… »
Encore indécis sur le choix des canyons, nous avons en tête Aiglun pour dimanche. Premier canyon, nous ferons « Le Gros Riou » au départ du pittoresque village de Cuébris (en fait, il n’est pas pittoresque, c’est notre patrimoine ; le temps s’est arrêté dans cette France d’antan qui devient, par la désertion de ses habitants, une carte postale ou des posts Instagram l’été, au détriment de quelques habitants).
Nous rejoignons l’intrépide Ingrid et l’optimiste Laurent (« c’est comme ça, on trouvera bien une solution, on trouve toujours une solution, on n’a pas le choix… »). Répartition du matériel collectif, les fameux kits boules, qui deviendront les kits boulets… La magie du kit boule, c’est d’avoir son sac à dos presque vide, et d’avoir un kit boule à la main avec sa corde. Bilan : sac vide, mains encombrées, quand tu dois escalader ou autre, tu as un truc qui pend à côté + ton sac à dos… Il n’y a pas à dire, c’est du génie. Le point positif, c’est que de temps en temps, tu ne portes que ton sac à dos presque vide… (les petites victoires). Chacun ses us et coutumes…
On s’inquiète un peu, le début du canyon est un peu sec, juste un petit filet d’eau par-ci, par-là, on tombe le haut de la combinaison. Puis nous arrivons à la très belle cascade de 27 m qui se jette dans un beau bassin. Elle coule assez pour faire un bel arc-en-ciel. Il y a deux passages, dont un où il faut passer dans un trou qui est bien large et c’est très fun. Puis nous continuons notre descente et c’est tout aussi beau, nous arrivons sur de magnifiques vasques en restanques. De temps en temps ça saute, d’autres fois non ; quoi qu’il arrive, il faut amortir, le débit est petit. Avec cette chaleur caniculaire, on va volontiers dans les vasques.
Très beau canyon que nous avons effectué en prenant notre temps en 2 h. On rencontre d’autres canyonistes à la sortie, on papote sur les conditions… puis nous retournons à la voiture sous une chaleur écrasante.
Nous regagnons le camping des « Fines Roches » et là encore, une très belle découverte. Il a juste ce qu’on attend d’un camping. Ne vous attendez pas au grand luxe matériel, mais au contraire, le luxe, ce sont les gens. Ils organisent plein d’activités culturelles avec leur association « Bulles d'air »… et des fiestas. Ça serait con d’aller dans un camping pour dormir. Eh bien nous, nous sommes arrivés le jour de l’atelier chant lyrique avec la pétillante Céline Barcaroli. Nous nous sommes laissés prendre au jeu, c’est parti pour l’atelier chant lyrique. Et puis j’ai toujours ce doux rêve de pouvoir un jour chanter juste, faire un solo d'Aznavour : « Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles… ; Hier encore, j'avais 20 ans… »
J’étais à des années-lumière de penser que ce samedi 27 juin j’allais émettre des sons en faisant des exercices de contraction du périnée, faire la cigale, différents exercices de respiration… Ça paraît lunaire, ça l’est un peu forcément, c’est lunaire. Nous nous sommes tous pris au jeu et nous avons passé un agréable moment. Nous nous sommes donné la main et nous avons chanté en chœur ou en polyphonie.
Julie, la fille de Laurent (Laurent qui dit aussi à tue-tête : « Ma fille, elle a fait l’armée, ça ira »… et tu rajoutes n’importe quelle phrase de contrainte : l’eau est froide, il fait chaud, la voiture est en panne, il n’y a plus de pain…), nous a rejoints pour faire le canyon du lendemain et surtout pour faire le super restaurant du coin, l’incontournable « La Capeline », où l’on y mange une cuisine traditionnelle niçoise dans un cadre très sympathique. Ingrid a bloqué sur le poulpe : « Tu crois qu’il y a du poulpe dans l’assiette gourmande ? » Au serveur rincé : « Il y a du poulpe ??? » Qui lui répond : « Je crois que oui, enfin, hier il y en avait… » La réponse n’est pas nette (quand tu te noies tout seul dans ton mensonge), mais Laurent aurait pu dire : « Ben écoute, c’est comme ça, on mangera autre chose, vu les assiettes, on ne va pas mourir de faim. » Avec les orages des derniers jours, les poulpes se font discrets dans la rivière de l’Estéron.
On pensait qu’on allait se coucher tôt, jusqu’au moment où le patron du restaurant vient nous demander si tout s’est bien passé et qu’il te dit : « Je suis un passionné, on peut en parler des heures. » Bon, on va se rasseoir autour d’une poire. On a eu l’histoire du restaurant et la vie politique du canton : passionnant. Nous avons félicité la patronne et nous sommes retournés dans nos pénates. À 23 h, personne n’était couché, c’était la comédie. Christophe aurait été là, il aurait été comme un coq en pâte.
Le lendemain, C’EST BOOOO …. nous mettrons Aiglun de côté et nous irons faire le Riolan amont et aval, en fait l’intégrale. Ça permet de s’échauffer dans l’émerveillement. Ces failles creusées dans le calcaire par l’eau, c’est un canyon assez aquatique et très esthétique. Il fait chaud, on fait vite tomber le haut de la combinaison. Ça doit être un des canyons les plus beaux du 06 et les plus fréquentés. Sur la première partie, on n’a croisé personne, ce qui est normal, et sur la deuxième partie, qui est la Mecque du canyonneur, nous avons croisé un petit groupe d’Italiens très sympas que nous avons laissés passer devant. Car à un moment, quand il y a deux groupes avec à peu près le même niveau, ça devient la course à l’échalote et, en fin de compte, on se gêne. On a ralenti pour apprécier ces magnifiques paysages que l’on ne peut pas voir si on ne s’engouffre pas dans ces canyons. On n’a pas chômé non plus : avec la pause repas, on a mis 3 h 30 pour faire l’amont et l’aval. Ce fut une belle balade avec les copains du club.
Vous savez comment on sait que l’on arrive à la fin d’un canyon ??!! La plupart du temps, on a des personnes âgées cachées dans les petites criques, à poil, en train de se faire bronzer la nouille. Ou sinon de belles femmes qui font la bronzette avec peu de tissu. Pour l’occasion, il y avait Beyoncé et J-Lo à l’arrivée. J’ai dit à Franck : « Je crois qu’on est arrivés à la fin du canyon » (non, je n’ai pas dit ça).
Quand on retrouve le monde moderne, on a l’impression que l’on arrive d’une autre planète avec nos accoutrements. À la sortie, le dithyrambique Hubert Ayasse vient nous taper la causette ; c’est un des messieurs du canyon du 06.
Un beau weekend se termine, nous n’avons eu quasiment personne dans les canyons (le modjo), un beau moment de partage, loin de la canicule, avec Laure, Franck, Laurent, Ingrid et Julie.
Paul
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